‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 2)Chapitre 204 sur 480 · PABTIE CINQUIÈME. — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

PABTIE CINQUIÈME. — CHAPITRE IV

de confiance, jusques à entreprendre des choses qui autrement sembleraient impossibles, après que le Supérieur ayant ouï ce qu'on aurait à dire là-dessus, en aurait donné le commandement.

La huitième, qu'elle soit cordiale : à quoi servira grandement d'aimer le Supérieur d'un amour tendre, et de s'affectionner tant qu'il est possible à ce qu'il commande, plutôt qu'à Fimpugner.

Ce qui se dit de l'obéissance envers le Supérieur, doit aussi être entendu au regard du premier A distant et de ceux qui commandent en son nom, ou qui ont autorité sous lui.

Quiconque tâchera de pratiquer ainsi l'obéissance, se rendra très agréable à Dieu, sera le bien-aimé de Notre- Seigneur Jésus-Christ et de sa très sainte Bière, attirera sur lui toutes sortes de bénédictions, et commencera son paradis en ce monde.

Enfin, comme les Supérieurs de la Congrégation sont tellement obligés de pourvoir, autant qu'ils peuvent, aux nécessités corporelles et spirituelles des inférieurs, et même de répondre à Dieu de leurs âmes, qu'ils offenseraient Dieu s'ils ne satisfaisaient selon leur pouvoir à cette obligation : aussi les inférieurs pécheraient s'ils manquaient à rendre l'obéissance qui est due à ceux qui leur tiennent la place de Dieu. Car saint Thomas el les autres théologiens disent qu'en toutes sortes de communautés, même laïques et séculières, l'obéissance es! due par justice à celui qui en a la charge, el qu'elle est de droit naturel et de droit divin: à raison de quoi on offenserait Dieu mortellement, si on désobéissait en ch* d'importance.

C'est pourquoi, encore que dans notre Congrégation oii ne fasse pas vœu d'obéir aux Supérieurs, l'obéissance néanmoins qu'on leur doit rendre, n'est \)-,\< seulement de dévotion, de conseil ou de perfection, mais de commandement et d'obligation, puisqu'elle leur est due par

justice et de droit naturel et divin, selon ces divines paroles : Obedite prœpositis vestris et subjacete eis : ipsi enim pervigilant, quasi rationempro anima bus vestris reddituri1. De sorte que c'est une espèce de contrat qui se fait entre celui qui doit obéir et celui à qui il doit obéir: celui-là s'engageant dans l'obéissance, et celui-ci s'obligeant de rendre compte à Dieu du salut de son âme.

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