CHAPITRE V De la Pauvreté
La propriété étant la peste des communautés chrétiennes, la meurtrière de la charité, de l'union et de la paix, la nourrice de l'amour-propre, de la sensualité, de l'avarice, et par conséquent la racine de tous maux: on ne la souffrira jamais dans la Congrégation ; mais on fermera soigneusement toutes les portes par lesquelles elle y pourrait entrer.
Personne n'aura rien en propre, mais tout sera en commun, et on donnera à un chacun, avec grande charité, tout ce qui lui sera nécessaire et convenable, selon le pouvoir que Dieu en donnera.
S'il arrive que l'on n'ait pas toutes ses commodités, et que même l'on manque quelquefois du nécessaire, on se gardera bien de murmurer ou de se plaindre ; mais on tiendra à grande bénédiction d'avoir cette occasion d'honorer la pauvreté de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de sa très sainte Mère, qui souvent ont souffert disette des choses qui leur étaient nécessaires.
Tous les biens, revenus, maisons, meubles, ustensiles,
1. Hcbr. XIII, 17. — La phrase qui suit est écrite de la main du P. Eudes dans le manuscrit original.