‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 2)Chapitre 206 sur 480 · PARTIE CINQUIÈME. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

PARTIE CINQUIÈME. — CHAPITRE V

habits, linges, livres, argent qui viendra des messes des particuliers ou d'ailleurs, et toutes les autres choses quelles qu'elles soient, qui seront données ou au corps de la Congrégation en général, ou à ses membres en particulier, soit par leurs parents ou autres, appartiendront en propre à .Notre-Seigneur et à sa très sainte Mère, comme au Maître absolu de tout ce qui sera en la même Congrégation, dont les sujets n'auront que l'usufruit et l'usage seulement, non pas à leur volonté et discrétion, mais autant que l'obéissance leur permettra. Et celui qui, durant sa vie ou en sa mort, voudra disposer de quelqu'une de ces choses comme si elle était à lui, fût-ce la moindre, soit en la retenant sans permission, soit en la vendant, ou en la prêtant, ou en la donnant à qui que ce soit sans licence, sera tenu coupable de larcin, et même en quelque façon de sacrilège, s'étant approprié une chose qui appartient à Jésus Christ et à sa très sainte Élère ; et on lui imposera une pénitence conforme à La qualité de sa faute. S'il ne s'y soumet humblement, et qu'il méprise les ordres de la Congrégation, spécialement celui qui est marqué en cette constitution, il en sera exclu.

Tout ce qui est dans la Congrégation appartenant à Jésus et à Marie, chacun aura soin de conserver, ménager et épargner toutes les choses susdites, jusques aux plus petites, et à prendre garde de ne rien perdre ni gâter «le tout ce qui appartient à un si grand Seigneur el a une si grande Dame : lesquels ont tant de soin des moindres choses qui nous touchent, qu'ils prennent bien la peine de compter et garder tous les cheveux de notre tête.

On prendra garde particulièrement de ne gâter point les livres, mais de les conserver soigneusement

On n'y écrira rien, et on ne fera aucunes notes ou marques au dedans.

Les Supérieurs pourront donner, pour eau-'' raison-

nable, jusqu'à la valeur d'un écu (pourvu que ce soit rarement), et non pas davantage, sans le consentement de leur conseil.

Quand quelqu'un ira d'une maison à une autre, il ne portera avec lui ni long manteau, ni robe, ni livres, ni autres meubles bu ustensiles du lieu d'où il partira ; car chaque maison fournira à un chacun ce qui lui sera nécessaire.

Notre-Seigneur et sa très sainte Mère n'ayant pas seulement aimé la pauvreté intérieurement, mais l'ayant pratiquée extérieurement durant tout le cours de leur vie, les vrais enfants de leur Congrégation doivent graver dans leur cœur une grande estime et affection pour cette divine vertu, et en porter volontiers les marques en leur extérieur, détestant la vanité de ceux qui. sous prétexte d'honnêteté, veulent être toujours fort bien couverts, et ne sauraient souffrir que la sainte pauvreté ait aucune part en leurs vêtements, tenant à confusion de porter les livrées de cette princesse du ciel, dont le Roi et la Reine de 1 univers et les plus grands Saints du paradis ont fait leur ornement et leur gloire pendant qu'ils étaient en ce monde.

Quand on apercevra quelque chose en ses habits ou chaussures, qui aura besoin d'être refait, on le fera refaire au plus tôt.

On évitera tout excès et superfluité non seulement aux habits, mais aussi, aux bâtiments, aux meubles, au boire et manger, et même aux ornements de l'église et en tout le reste : gardant la médiocrité en toutes choses, et ne se servant que de celles qui sont simples et communes.

On n'aura point de vaisselle d'argent, si ce n'est quelques cuillers, non pas pour 1 usage de la Communauté, mais pour les externes que l'on priera quelquefois d'y manger.

On n'usera point de passements ni de dentelles aux corporaux, aux purificatoires, aux lavabos, aux surplis,

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