‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 2)Chapitre 207 sur 480 · PARTIE CINQUIÈME. — CHAPITRE V !TI · texte numérisé non relu

PARTIE CINQUIÈME. — CHAPITRE V !TI

aux amicts ni aux aubes : si ce n'est à une ou deux tout au plus, que l'on gardera, non pas pour s'en servir dans la Communauté, mais pour l'usage de quelque ecclésiastique considérable qui y viendrait dire la messe.

Si on veut donner quelques ornements pour l'église qui soient déjà faits, on les prendra tels que la charité les donnera ; mais s'ils sont à faire, soit qu'on les veuille donner, soit que la maison les doive payer, on fera en sorte d'en ôter l'excès et la somptuosité, et d'y garder la modération et la simplicité.

On ne gardera dans nos maisons, ni perroquets, ni chardonnerets, ni autres semblables oiseaux ; car telles choses ne conviennent point à l'esprit ecclésiastique, qui doit être entièrement détaché de toutes ces curiosités et amusements.

Quand on passera d'une chambre à une autre, on n'emportera aucun meuble de celle que Ton quittera ; et on ne changera rien en celle où l'on entrera, que par l'ordre du Supérieur.

Ceux qui auront quelque revenu dans le monde, ou de patrimoine, ou de bénéfices ou d'ailleurs, après qu'ils auront payé une pension raisonnable pour leur nourriture et entretien, pourront disposer du reste du dit revenu, partie en laveur de leurs pauvres parents, s ils en ont, partie en d'autres bonnes œuvres ; le tout néanmoins après avoir pris le conseil et l'avis du Supérieur.

Mais ni ceux-ci, ni aucuns autres de la Congrégation, ne se feront faire ni habits, ni meubles, ni tableaux, ni autre chose pour leur particulier ; car chacun recevra de la Communauté, avec action de grâces, toutes les choses dont il aura besoin. Quiconque fera le contraire, s'il se rend incorrigible, sera exclu de la Congrégation.

On ne souffrira jamais qu'aucun ait en propre ni cheval, ni chien, ni oiseaux dans sa chambre, ni valet, ni aucun des frères domestiques qui lui SOÎt affecté el comme approprié, ni bois pour se chauffer en >on particulier (si-

non en cas de maladie, et que sa chambre lui tînt lieu d'infirmerie par l'ordre du Supérieur), ni autre semblable singularité.

Quand on ira d'une maison à une autre, ou que l'on fera quelque autre voyage, ceux qui étant jeunes et forts voudront imiter Notre-Seigneur et ses saints Apôtres qui allaient toujours à pied, feront une chose bien agréable à sa divine Majesté ; mais on ne le permettra pas à ceux qui sont faibles ou avancés en âge, ou qui en pourraient recevoir quelque dommage notable en leur santé.

On ne pourra recevoir de personne ni argent, ni habits, ni linge, ni fruits, ni aucune autre chose de quelque prix ou qualité qu'elle soit, pour les appliquer à son profit ou usage particulier; mais tout ce qui viendra de dehors sera laissé à la disposition du Supérieur, afin d'être employé pour la Communauté ainsi qu'il jugera bon.

L'usage des montres pour les particuliers sera entièrement banni de la Congrégation. Car outre qu'il est contraire à la sainte pauvreté qui rejette toute propriété et qui détache de toutes choses, et à la simplicité qui réprouve la curiosité et la superfluité, se contentant des choses simples et communes : cela cause des singularités dans les communautés, et y opère, ainsi que l'expérience le fait voir, plusieurs autres effets fort pernicieux, et contraires à la vertu et à la perfection dont on y fait profession.

C'est pourquoi les vrais enfants de la Congrégation, qui doivent aimer la pauvreté, la simplicité, l'humilité, et tout ce qui peut contribuer à les établir dans la perfection chrétienne et ecclésiastique, se priveront de bon cœur de ces choses, et de toutes les autres de pareille nature, dont on se passe facilement et qui servent plus pour la satisfaction de l'amour-propre, de la curiosité et même quelques fois de la vanité, que pour la nécessité.

Chaque communauté néanmoinspourragarder quelques montres, pour s'en servir dans les missions, où cela est nécessaire pour régler le temps et les exercices.

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