‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 2)Chapitre 214 sur 480 · CHAPITRE VIII De la Modestie · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII De la Modestie

La modestie étant l'un des plus grands ornements d'un ecclésiastique, et une vertu qui lui est extrêmement nécessaire pour donner l'édification, el pour porter la bonne odeur de Jésus-Christ en tout lieu, tous ceux de la Congrégation l'aimeront ardemment et la pratiqueront soigneusement.

Pour cet effet, ils se mettront souvent devant Les yeux la modestie merveilleuse de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de sa très sainte Mère, et écouteront attentivement cette voix du Saint-Esprit qui leur crie continu. 'Ile-

ment : l « Que votre modestie soit visible à tous les hommes ; car le Seigneur est proche de vous », ayant toujours les yeux ouverts sur tous vos déportements.

Ils éviteront les contenances du monde recherchées et forcées, et tous les gestes des mains, des pieds, de la têle, qui ressentent la légèreté, la dissipation d'esprit et l'immortification des sens : tâchant de composer et ordonner tellement tout leur extérieur, par un véritable désir de plaire à Dieu, en imitant son Fils, que Ton voie en eux une parfaite image de sa modestie.

Ils se garderont aussi d'une certaine gravité affectée et contrainte, qui est une fausse modestie et une véritable superbe ; conservant toujours dans leurs gestes et dans leurs paroles une retenue et composition extérieure accompagnée de simplicité et d'humilité.

Se familiariser facilement avec les externes ; leur toucher les mains, ou choses semblables ; dire des paroles de risée, et qui sentent la boufonnerie et plaisanterie ; faire des éclats de rire en parlant, et même sans sujet ; élever trop sa voix, et crier plutôt que parler ; tourner et remuer la tête brusquement ; laisser égarer ses yeux de tous côtés ; tenir la bouche ouverte ; avancer un pied devant l'autre, comme qui voudrait se mettre en posture de tirer une estocade ; courir ou marcher trop vite et avec précipitation ; se branler le corps ; marquer tout ce que l'on dit par quelques signes des mains, ou de la tète, ou du visage ; et tous autres semblables gestes déréglés, sont autant démarques d'immodestie et de légèreté, dont les ecclésiastiques se doivent garder, comme de choses qui sont tout à fait indécentes et contraires à la douce et modeste gravité qui doit reluire en toutes leurs actions, sans contrainte néanmoins et sans affectation.

Au contraire, avoir la parole humble et basse, le vi-

1. « Modestia vestra nota sit omnibus hominibus : Dominus enim prope est. » Philip. IV. 5.

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