‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 2)Chapitre 3 sur 480 · Memor'uile bene ficionwn l>ei. n. .'i · texte numérisé non relu

Memor'uile bene ficionwn l>ei. n. .'i

il les entretenait de la dignité du sacerdoce, de la sainteté qu'il réclame, et des moyens à employer pour en remplir dignement les fonctions. Ces conférences étaient très suivies et faisaient aux prêtres un bien immense. Malheureusement, une fois le missionnaire parti, la plupart retombaient à la fois dans leur abandon et leurs désordres. Le remède était insuffisant. L'unique moyen d'avoir de bons prêtres était d'en former de nouveaux en cherchant à atteindre les ordinands et en les préparant soigneusement à la réception des saints Ordres. Dans ce but, saint Vincent de Paul avait établi à Paris et ailleurs les « exercices des Ordinands ». Le P. Eudes en comprenait l'importance, et il eût voulu les voir établis dans tous les diocèses. Mais ces exercices eux-mêmes ne lui paraissaient pas suffisants. Semblables à des pluies d'orage, ils produisaient sans doute de grands effets, mais leur durée était éphémère. Il fallait une formation plus lente et plus suivie, qui ne pourrait avoir lieu qu'à la condition de réunir les ordinands, pendant un temps plus considérable, dans des séminaires, où on les formerait à loisir à l'esprit et aux vertus de leur état1.

Le P. Eudes estimait que si l'œuvre était difficile, elle n'était pas impossible, et il résolut d'en tenter la réalisation à l'Oratoire de Gaen dont il avait été nommé supérieur. Il croyait qu'on l'y autoriserait d'autant plus volontiers, que c'était une des fins que le P. de Bérulle avait en vue quand il fonda sa société. Le Vénérable fut déçu dans ses espérances. L'autorisation qu'il sollicitait lui fut refusée, et il eut la douleur de voir que ceux de ses confrères sur lesquels il comptait pour le seconder dans son entreprise, s'y montraient absolument défavorables2. L'Oratoire ne

1. Martine-Lecointe, 1, p. 103. — 2. Martine-Lecointe, I, p. 104.

devait pas avoir l'honneur d'établir en France l'œuvre des Séminaires1. Eclairé sans doute par des lumières surnaturelles, le P. de Gondren semble l'avoir reconnu ; car, pendant que le P. Eudes songeait à fonder un séminaire à Gaen, il se déchargeait sur le P. Bourgoing de la conduite de l'Oratoire, et consacrait ses dernières années à former quelques prêtres d'élite qu'il destinait, lui aussi, à l'établissement des Séminaires, et qui, effectivement, ne tardèrent pas à fonderie séminaire et la société de Saint-Sulpice.

Cependant le P. Eudes se convainquit de plus en plus que le grand besoin de l'Eglise était la régénération du clergé, et que la fondation des Séminaires était l'unique moyen de la procurer. L'Oratoire refusant de s'en charger, l'idée lui vint de quitter cette Congrégation, pour en fonder une nouvelle, qui reprendrait la pensée du P. de Bérulle et la mettrait enfin à exécution. Il y réfléchit mûrement, et, pour s'assurer que ses projets étaient conformes à la volonté divine, il les soumit à un grand nombre de personnages dont il connaissait la sagesse et l'expérience. Rassuré et encouragé par eux, il quitta l'Oratoire le 24 mars 1643, et le lendemain il fondait à Caen la Congrégation de Jésus et Marie.

La nouvelle Société fut longtemps en butte à l'opposition la plus acharnée, mais elle finit, malgré tout, par prospérer, et quand le Vénérable mourut en 1680,

\. « Quelques années après la mort du P. de Gondren], la réforme du clergé, si ardemment rêvée parles PP. de Bérulle et deCondren s'accomplissait dans un grand nombre de diocèses. L'Oratoire fut loin de demeurer étranger à ce mouvement. Tant qu'il resta fidèle à ses premières traditions, il fut un modèle vivant de la véritable discipline ecclésiastique; mais, par la suite, trop absorbé parla direction des collèges, écueil fatal auquel il avait été se briser de trop bonne heure, malgré les précautions de son fondateur, il ne put 'pi-' seconder de fort loin le mouvement de restauration -i énergiqueménl entrepris par la compagnie de Saint-Sulpice, et si visiblement béni de Dieu, b Penaud, L'Oratoire de France', p. 203.

il avait réussi à fonder des séminaires à Gaen(1643), i.la.uvs I(i:i0), à Lisieux (1653), à Rouen (1G58), à L vieux (1667 |, el à Rennes (1670).

Telle fut l'origine de la Congrégation de Jésus et Marie. On trouvera dans le présent volume les Règles et Constitutions que le Vénérable lui donna. Pour en faciliter l'intelligence, nous rapporterons d'abord [ne nous savons de leur composition et de leur histoire , après quoi, nous en étudierons successivement les deux éléments, savoir: i. les Règles, — 2. les Constitutions.

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