PARTIE ONZIÈME. — CHAPITRE VI
à tous, afin de les obliger d'avoir recours à lui avec confiance dans leurs besoins, et de les gagner tous par ce moyen à Notre-Seigneur Jésus Christ.
Il doit néanmoins savoir mêler la sévérité avec la douceur, la miséricorde avec la justice, quand il en est temps ; et il est obligé de maintenir le respect qui appartient à son autorité pour la révérence qui est due à la personne de celui qu'il représente1. Et il doit si bien joindre la mansuétude avec la sévérité, qu'il ne relàcho jamais de ce qu'il jugera être le plus agréable à Dieu ; et qu il compatisse de telle manière à ses enfants, que ceux qu'il reprend ou qu'il punit reconnaissent en son procédé de la charité et de la droiture, quelque peine que leur fasse la correction.
Il doit employer tous ses soins et toutes ses affections au gouvernement de la Congrégation, non pas néanmoins de telle sorte qu'il ne donne toujours un temps raisonnable à l'oraison et aux exercices de dévotion, pour se maintenir dans l'esprit de piété et de récollection qui lui esl très nécessaire afin que sa conduite soit utile aux autres.
Il doit avoir un grand éloignement de tous les emplois et affaires séculières, et tâcher d'imiter le Fils de Dieu qui s'est tout donné à l'œuvre de son Père, et qui a fui en la montagne quand les peuples l'ont voulu faire roi. se souvenant de ces paroles de l'Apôtre : Nemo militant />'•", implical sr necfolik siecularibus l.
Il ne doit pas même s'engager à la prédication, ni aux confessions, ni à d'autres emplois, quoique pieux et saints, spécialement hors la Congrégation, sinon de telle
1. « Mais cette autorité doit être ^rave et suave tout ensembl non pas impérieuse et dominante. Et devant Dieu il doit être prosterné sous les pieds de tous les autres, si- tenant en ion estime le plus petit de tous, et se rendant plu» affectionné et plu- soignons de pourvoir aux nécessités des autre- qu*ans tiennes propi Première rédaction, que le P.Eudes u remplacée ensuite par ts fin de l'alinéa ci-dessus.