Luc XXII, 26. — 2. Marc. X, i4. — . Rom
imitation, il s'appliquera soigneusement à toutes les plus petites nécessités spirituelles et corporelles de la maison, afin d'y pourvoir le mieux qu'il pourra.
Il se souviendra qu'il doit plus gouverner par charité que par autorité, par prières que par commandement, par exemple que par paroles, par douceur que par rigueur, par esprit de mansuétude que par esprit de domination et d'empire : Non dominantes in cleris, sed forma facti gregis exanimo*, etpar conséquent qu'il doit se comporter au regard de tous, non comme un maître sévère et rigoureux, mais comme un père plein de bénignité et de cordialité, se rendant doux et affable à tous ses enfants, et s'étudiant de se faire plutôt aimer que craindre, afin qu'en toute confiance ils aient recours à lui en leurs doutes, scrupules, difficultés, troubles et tentations.
Il doit néanmoins savoir mêler la sévérité avec la douceur quand il en est temps, et il est obligé de conserver le respect qui appartient à son autorité, pour la révérence qui est due à la personne de celui qu'il représente. Mais cette autorité doit être grave et suave tout ensemble, et non pas impérieuse et dominante ; de sorte que, quand il a quelque chose à dire, ou quelque ordre à donner, il e fasse avec des paroles et des contenances graves, mais douces ; avec un visage et maintien assuré, mais bénin et humble ; et avec un cœur plein d'amour et de désir de l'avancement de celui à qui il parle.
Il doit avoir un grand éloignement de tous les emplois et affaires séculières, et donner tous ses soins et toutes ses affections au gouvernement de lamaison, non pas néanmoins de telle sorte qu'il n'emploie toujours un temps raisonnable à l'oraison et aux exercices de dévotion, pour se maintenir dans l'esprit de piété et de récollection qui lui est nécessaire afin que sa conduite soit utile aux autres.