‹ Œuvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 2)Chapitre 377 sur 480 · PARTIE DOUZIÈME. — CHAPITRE III · texte numérisé non relu

PARTIE DOUZIÈME. — CHAPITRE III

Tous les matins, à la fin de son oraison, ou bien à la fin de son action de grâces après la sainte messe, il regardera devant Dieu ce qu'il pourra faire en la journée pour procurer l'avancement de sa gloire dans la maison, et lie la perfection de ceux qui y sont, et pour ùter les choses qui y peuvent mettre obstacle.

11 apportera toute la diligence possible pour bien choisir ceux auxquels il donnera les offices de la maison qu'il peut donner; pour leur bailler les règles de leur office : pour veiller sur eux (et sur les autres aussi) à ce qu'ils le fassent bien ; pour les en décharger s'ils n'y sont pas propres, après en avoir fait l'expérience durant un temps raisonnable, ou s'ils le font mal, après avoir été avertis plusieurs fois ; pour les soulager dans leur travail, s'il eu est besoin ; etpour faire en sorte que chacun leur obéisse en ce qui appartient à leur office ; et que tous soient soumis au premier Assistant et à lui, qui pourtant leur laisseront faire les choses qui dépendent de l'office qui leur a été donné.

Au commencement de chaque mois, il fera une assemblée particulière de ses Assistants, de l'Économe et de quelques autres des plus anciens et intelligents et des plus affectionnés à la Congrégation, pour aviser aux moyens de maintenir et fortifier l'esprit de Noire-Seigneur dans la Communauté, de faire observer exactement les règles, d'empêcher que la piété et la vertu ne reçoive aucun déchet, et de procurer que chacun s'avance de plus en plus dans les voies du salut et de la perfection.

Comme son principal soin doit être .le faire observer, autant qu'il lui sera po>.>il»l«\ toutes les règles de la Congrégation, il doit aussi être le premier à les garder de tout son pouvoir, sans se donner aucun privilège, ni aser d'aucune singularité ni prendre ou recevoir aucun avantage en habits, en viandes, ou en autres choses, -mon comme les autres, autant que la nécessité \r requerra.

Il se gardera bien de rien changer ou innover, non

seulement en ce qui regarde les Règles et Constitutions, mais aussi aux coutumes, usages et pratiques de la Communauté, excepté en celles qui seraient contraires aux Constitutions, ou qui auraient été introduites sans l'ordre du Supérieur de la Congrégation.

Si quelqu'un ou lui-même a besoin d'être dispensé en quelque chose de peu de conséquence, il le pourra dispenser de son autorité, non pas néanmoins pour toujours, mais pour un peu de temps, et après en avoir conféré avec son Conseil. Mais dans les choses plus importantes, il aura recours au Supérieur de la Congrégation.

Il tiendra la main particulièrement à l'exacte observance des règles qui regardent la sainte messe, la sainte communion, la confession, l'office divin, l'oraison, les conférences, les humiliations, le catéchisme et la prédication ; comme aussi à celles qui sont sur les vertus, spécialement sur l'humilité, l'obéissance et la pauvreté.

11 ne manquera point de faire sa retraite tous les ans, et de donner ordre que tous ceux de la Communauté la fassent pareillement ; comme aussi les exercices de la naissance, du baptême, et de la mort ; avec les rénovations de la profession chrétienne, de la profession ecclésiastique et de la protestation qui se fait dans la Congrégation quand on y est incorporé.

Il prendra un très grand soin de pourvoir, autant qu'il lui sera possible, à tous les besoins tant spirituels que corporels de tous ceux de sa maison, selon la sincérité de la dilection chrétienne, et non selon les inclinations naturelles, et sans avoir égard à leur extraction ou origine, à l'excellence de leur esprit, bonnes façons et autres telles qualités estimables à l'esprit humain ; et qu'il ne se familiarise pas de telle sorte avec les uns, que cela puisse servir de tentation et d'envie aux autres ; mais qu'il témoigne un amour paternel à tous, qu'il les prévienne dans leurs nécessités, qu'il ait compassion des infirmes, qu'il encourage les pusillanimes,

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