‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 4)Chapitre 128 sur 369 · CINQUIÈME PARTIE. — £ Il · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE. — £ Il

» plorons, nous ne sommes pas étonnés de voir qu'il » naisse un basilic d'une couleuvre1 ».

Le canon 80 des Apôtres défend d'ordonner ceux qui viennent fraîchement de la gentilité ou du dérèglement d'une mauvaise vie : Ex improba vivendi ralione1.

Le concile de Nicée établit la même chose, et veut que le clerc dans lequel, avec le temps, on découvrira quelque péché dont il sera convaincu par le témoignage de trois personnes, s'abstienne des fonctions cléricales et soit déposé3.

Le concile d'Llvire exclut du subdiaconat celui qui, en sa jeunesse, aura commis une fornication, et il dépose ceux qui auront été ordonnés en cet état*.

1 « Vae ministris inlîdelibus, qui necdum reconciliati, reconciliationis alienœ negotia, quasi homines qui justitiam fecerint apprehendunt. Vœ filiis iiae, qui pacificorum sibi usurpare gradus et nomina non verentuv. Vœ filiis irse, qui fidèles sese mediatores pacis» ut peccata populi comedant, menti un tur. Vœ qui ambulantes in carne, Deo placere non possunt. et placare velle prœsumunt. Non miramur, fratres, quicumque prœsentem statuin Ecclesiœ miseranlur, non miramur de radiée colubri regulum orientem. » D. Bern. De conversione ad clericos, Cap. 19.

- « Eu m qui ex vita genlili accesserit et baptizatus fuerit, vel ex improba vivendi ratione, non est œquuin protinus Episcopum fieri. Iniquum est enim ut qui sui noudum experie:itiam ostenderit. sit aliorum magister, nisi forte hoc divina gratia fiât. » (Canon lxxx Aposl.).

1 « Quoniam plura aut per necessitatem, aut alias cogentibus hominibus adversus Ecclesiasticam facta sunl. regulam, ut homines ex Gentili vita nuper accedentes ad fidem, et instruclos brevi tempore, moxad lavacrum spirituale perducerent, simulqueut baptizati sunt, ad episcopatum vel presbyterium promoverent ; optime plaouit nihil taie de reliquo fieri : nam et tempore opus est ei qui eatechizatur,et post Baptismum probatione quamplurima... Si vero processu temporis aliquod delictum animœ circa personam reperiatur bujusmodi, et a duabus vel tribus testibus arguatur, a Glero talis abstineat. (Conc. Nicsen.) Can. n, I.

* « Subdiaconem eum ordinari non debere, qui in adolescentia sua fuerit mœchatus, eo quod postmodum per subreptionem ad altiorem gradum non sit promovendus. Si autem aliqui sunt in prœteritum ordinati, amoveantur. » Concil. Eliberitanum llispanix, anno 305, can. 30.

Le premier concile de Valence ordonne que l'évèque ou le prêtre, lesquels, afin de n'être pas ordonnés, confessent qu'ils ont commis quelque péché qui les en exclut par les canons, quoique cela ne soit qu'un artifice d'une humilité imprudente, ne soient pas mis dans le ministère, à cause de l'impression que peut faire leur confession dans l'esprit des peuples1.

Le Synode romain, dont les canons furent envoyés aux évèques de France, du temps d'Innocent premier, dit que l'Eglise romaine observe particulièrement cette règle, que si quelque enfant n'a pas conservé la pureté de son corps depuis le baptême, il ne peut être admis au rang des clercs2.

Ceux qui avaient été baptisés au lit de la mort, qu'on appelait cliniques, ne pouvaient être promus aux ordres sacrés, parce que ce délai de la réception du baptême faisait douter de leur piété3.

Origène, défendant contre Celse la religion chrétienne, dit que l'Église recevait les pécheurs à la communion après de longues satisfactions, et avec plus de difficulté qu'elle ne faisait les infidèles au baptême ; mais qu'elle les excluait pour jamais de tous les ministères de l'autel.

Le sacré concile de Trente renouvelle toutes ces ordonnances pour la promotion aux ordres sacrés, et veut qu'on ne choisisse que ceux dont la vie précédente aura été diligemment approuvée et sera, dans la jeunesse de

1 « Ut sciretis quicumque sub ordinatione vel diaconatus, vel presbyterii, vel episcopatus, mortali crimîne dixerint se esse pollutos, reos scilicet vel veri confessione, vel mendacio falsitatis. Neque enim absolvi potest isquiin seipsum dixerit quod dictum in alios puniretur, cum omnis qui sibi fuerit mortis causa, major bomicida est. » Concil. Valenlinum Galliœ, anno 374, ad. 4.

2 Can. 4. (Nous n'avons pu trouver le texte de ce synode).

1 « Si quis in aegritudine constitutus, fuerit baptizatus, presbyter ordinari non débet. Non enim fides illius voluntaria, sed ex necessitate est, nisi forte postea ipsius studium et fides probabilis fuerit, aut hominum raritas cogat. » Concil. Xeocesar. anno 314, cap. XII., dist. 57.

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