‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 4)Chapitre 129 sur 369 · CINQUIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE

l'âge, une vieillesse en prudence et en vertu : Quorum probala vita seneetus sit1.

La sixième marque est la prudence, qui est incomparablement plus nécessaire à un évêque et à un curé pour gouverner l'Église de Jésus-Christ, qu'à un pilote pour conduire le gouvernail de son vaisseau, qu'à un général d'armée pour mettre ses troupes en ordre, et qu'à un roi temporel pour bien gouverner son état. C'est pourquoi, quiconque est dépourvu de cette qualité, quand il aurait toutes les autres, porte une marque visible que Dieu ne l'a point choisi pour faire l'office de pasteur dans son Église

La septième marque d'une bonne vocation à ce saint ministère est la pureté de la fin et la sainteté de l'intention pour laquelle on y entre : lorsqu'on n'y est poussé par aucun autre motif que par celui de faire la volonté de Dieu et de correspondre à sa vocation, et que l'on n'a point d'autre prétention que de travailler pour sa gloire et pour le salut des âmes. Car, prendre un bénéfice pour avoir du bien, pour faire son établissement, pour être en considération dans le siècle, pour accommoder les siens des revenus de l'Église, sont des intentions qui portent leur condamnation sur le front.

La huitième marque est d'avoir un grand amour pour Notre-Seigneur Jésus-Christ, une dilection très particulière pour l'Église, un zèle très ardent pour le salut des âmes, et une charité très parfaite pour le prochain. Quand le Fils de Dieu voulut donner la conduite de son Église à saint Pierre, il ne lui demanda pas s'il était savant, s'il était éloquent, s'il était noble, s'il était riche, mais seulement s'il l'aimait ; car comment est-ce qu'un évêque ou un curé pourra s'acquitter des obligations de sa charge, qui sont très laborieuses et presque innombrables, sans une ardente charité à laquelle rien n'est impossible ?

1 Conc. Trid. Sess. 23, de Reform., cap. 12.

Ifi2 LE MÉMORIAL

El la neuvième marque d'une sainte vocation à l'office de pasteur, est lorsque, après plusieurs prières, mortifications, aumônes selon son pouvoir, et après les exercices spirituels d'une bonne retraite, on s'y engage non point de son mouvement, ni par son inclination propre, mais par le conseil et la conduite d'un ou de plusieurs serviteurs de Dieu, intelligents en ces matières, sages, prudents, désintéressés, pieux et expérimentés.

Voilà les marques par lesquelles on peut connaître la véritable vocation de Dieu au pastorat.

Considérez-les attentivement, et si vous êtes en cette condition, et que vous reconnaissiez, après vous être examiné soigneusement sur ces choses, n'y avoir pas été appelé de Dieu, ne vous découragez pas, ne vous désespérez pas ; mais humiliez-vous, faites pénitence, et tâchez de réparer cette faute par les moyens que vous en donnera un bon et sage directeur. Si vous n'y êtes pas encore engagé, gardez-vous bien d'y entrer que par une vocation qui porte les susdites marques, dont ce n'est pas à vous de juger, mais à un autre qui soit capable de vous conduire sûrement dans un pas si glissant et si dangereux.

Oraison jaculatoire :

Domine, ad te confugi : doce me facere volunlatem tuamT quia Deus meus es tu*.

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