‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 4)Chapitre 130 sur 369 · CINQUIÈME PARTIE. — § [Il · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE. — § [Il

considérez les cérémonies qui se font en do an an I la même tonsure; car ce sont des oracles par lesquels le Saint-Esprit nous parle, et nous déclare ce que ces! qu'un clerc ou un ecclésiastique, et quelle doit être sa vie et ses mœurs.

Celui qui doit être tonsuré se présente à l'évèque, ayant déposé l'habit laïque et séculier : ignominiam saecularis habitus, dit la sainte Eglise dans le Pontifical ; étant revêtu de la soutane, qui est appelée par la même Église habitas sacrée religionis; et portant un cierge allumé dans la main droite. Ce qui signifie qu'il doit se dépouiller de l'esprit, des mœurs et des maximes du siècle, se revêtir de l'esprit de religion et de sainteté, afin de n'avoir point d'autre but, entrant clans l'état ecclésiastique, que l'honneur et la gloire du Saint des saints, et de mener une vie si sainte devant lui, et si exemplaire devant les hommes, qu'il soit lucerna ardens et lucens1.

Humiliez-vous, voyant combien vous êtes éloigné de cet état. Ayez un grand désir d'y entrer. Reconnaissez que vous ne le pouvez pas faire de vous-même et sans la grâce de Notre-Seigneur. Priez-le qu'il vous la donne, et priez la très sainte Vierge et tous les saints Prêtres et Lévites de vous l'obtenir.

L'évèque coupe les cheveux de celui qui reçoit la tonsure, et les coupe en forme de croix : cheveux lesquels sont excrément mort qui sort de la chair, et qui bien souvent sort plus d'une chair morte que d'une chair vivante ; lequel signifie les plaisirs, les honneurs, les richesses et toutes les choses de ce siècle, qui sont les excréments du monde mort, pourri et puant, ainsi appelés par saint

Paul lorsqu'il dit : Omnia arbitror ut stercora"1 . Ce qui

1 Joan. V, 35. — ' Phii. III,; S.

donne à entendre que le clerc doit être entièrement détaché de toutes ces choses, et les avoir en aversion et mépris, les regardant ut stercora ; et qu'il doit se couronner de la croix de Jésus, mettant tout son trésor dans la pauvreté, sa gloire dans l'ignominie, ses délices dans les travaux et mortifications, et sa vie dans la mort du péché, du monde et de soi-même.

Ayons confusion de nous voir si éloignés de ces dispositions. Donnons-nous fortement au Fils de Dieu pour y entrer. Travaillons fidèlement à détruire en nous ce qui y est contraire. Prions la très sacrée Vierge, les Anges et les Saints de nous y aider.

Celui qui reçoit la tonsure prononce hautement et publiquement ces paroles : Dominus pars hxwditatis mese et calicis mei, tu es qui restitues hœreditatem meam mihi\ paroles par lesquelles il fait une profession solennelle, en la face de l'Église, de choisir Dieu pour son partage, son héritage et son trésor, et de n'en point vouloir d'autres : et réciproquement, de vouloir être entièrement à Dieu et en son absolue puissance et possession. Et enfin l'évêque le revêt du surplis, en disant ces paroles : Induat te Dominus novum hominem, qui secundum Deum creatus est,in justitia et sanctitate veritalis2; ce qui donne à connaître que le surplis représente Notre-Seigneur Jésus-Christ, et que le clerc doit être revêtu de lui beaucoup plus que le chrétien, duquel saint Paul dit : Quicumque in Christo baptizati estis, Christian induistis\ c'est-à-dire qu'il doit être revêtu et orné de son innocence, de sa sainteté, de ses divines mœurs et de toutes ses saintes vertus.

Voilà les dispositions avec lesquelles il faut entrer dans l'état ecclésiastique. Voilà les obligations et les devoirs de

1 Ps. XV. 5. — a- Eph. IV, 24. — » Gai. III, 27.

CINQUIÈME l'ARTIE. — § IV !•)•">

celui qui a reçu la tonsure. Si vous l'avez reçue, remerciez Dieu de la faveur très grande qu'il vous a faite, et lui demandez pardon de l'avoir reçue peut-être avec des dispositions toutes contraires à celles-là, et d'avoir si mal satisfait à ce à quoi vous vous êtes engagé ; et priez Notre- Seigneur, sa très digne Mère et ses Saints, de suppléer à vos défauts, et de vous obtenir de Dieu la grâce de vous en corriger. Si vous vous disposez à la recevoir, préparezvous à vivre selon ces règles, et demandez le secours du ciel pour cette fin ; et lorsque vous prendrez le surplis, prenez-le toujours avec grand respect et dévotion, en disant : Induat me Domïnus novum hominem, etc.

ORAISON JACULATOIRE

Dileclus meus mihi : et ego ilîi1.

Ou bien :

Pars mea Dominus, dixit anima mea : propterea expectabo eum a.

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