‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 4)Chapitre 149 sur 369 · CINQUIÈME PARTIE. — § X · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE. — § X

toutes les plaies que Jésus-Christ a souffertes pour le salut de cette àme, el toutes les gouttes de sang qu'il a répandues pour elle crieront vengeance contre eux à l'heure de leur mort et au jour du jugement : Sanguinem ejus de manu tua rcquiramK

C'est ainsi qu'un Prêtre est un Jésus-Christ vivant et marchant sur la terre. C'est pourquoi notre vie et nos mœurs doivent être une image vivante et parfaite, ou plutôt une continuation de la vie et des mœurs de Jésus- Christ. Ce qui nous doit obliger à étudier soigneusement ce qu'il a dit, ce qu'il a fait, les vertus qu'il a pratiquées, sa manière de vivre et d'agir, l'horreur très grande qu'il a eue du péché, le mépris, la haine et le très parfait détachement qu'il a eu de toutes les choses du monde, sa très divine pureté, sa très excellente sobriété, sa très profonde humilité, sa ravissante modestie en son extérieur, et toutes ses autres vertus, afin de les exprimer en notre vie et d'en continuer l'exercice.

0 mon Sauveur, je me donne tout à vous ; puisque vous m'avez rendu participant de vos plus hautes qualités, remplissez-moi aussi de votre divin Esprit et me revêtez de vos saintes vertus, afin que je travaille si soigneusement et si fidèlement à l'œuvre de la rédemption des âmes, que je puisse vous dire à la fin de ma vie ce que vous avez dit à votre Père à la tin de la vôtre : Opus consummavi, quod dedisti mihi vl faciam -.

Puisque Notre-Seigneur Jésus-Christ nous associe avec lui dans son sacerdoce éternel et dans ses plus divines qualités, et que nous sommes obligés, étant revêtus de son sacerdoce, de ses pouvoirs et de ses privilèges, d'être aussi revêtus de sa sainteté et de con-

1 Ezech. III, 18. — » loan. XVII, 4.

tinuer sa vie, ses exercices et ses fonctions sacerdotales sur la terre, considérons ce qu'il est et ce qu'il fait : 1. au regard de son Père; 2. au regard de tous les hommes, spécialement de son Église ; 3. au regard de soi-même, afin de le suivre en ces trois choses comme notre règle.

Si nous considérons ce qu'il est et ce qu'il fait au regard de son Père, nous verrons qu'il est tout à son Père et que son Père lui est tout : il ne regarde et n'aime que son Père, et son Père ne regarde et n'aime que lui. Toute sa prétention est de faire connaître, adorer et aimer son Père, et tout le dessein de son Père est de le manifester et de le faire adorer et aimer à tous les hommes. Il est la complaisance, la gloire et le trésor de son Père ; et toutes ses richesses, son honneur et son contentement est de chercher la gloire de son Père, et d'accomplir sa très sainte volonté. Et à cette fin il s'est comporté très saintement dans toutes les fonctions sacerdotales, et les a faites avec des dispositions toutes divines.

Aussi le Prêtre étant le sort et l'héritage de Dieu, ainsi que le nom de clerc le porte, et Dieu étant tout son partage, selon la profession qu'il en a faite entrant dans l'état de la cléricature, en disant ces paroles : Dominus pars ha-reditalis me<v>, il doit être tout à Dieu, et Dieu lui doit être tout. Il doit être tout possédé de Dieu comme son héritage, et ne doit point prétendre en ce monde d'autre fortune ni d'autre possession que Dieu, qui est son unique trésor, auquel il doit donner tout son cœur et toutes ses affections. Surtout il doit prendre un très grand soin de faire saintement toutes les fonctions sacerdotales, comme le saint sacrifice de l'autel, l'office divin, l'administration des sacrements et de la parole de Dieu, etc.

Toutes ces choses sont très saintes et divines ; c'est

1 Ps. XV, 5.

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