CINQUIÈME PARTIE. — § Ml P
de soi sont petites et légères, sont très grandes en eu\ : Levia etiam delicta, quse in ipsis maxima essent, effugiant l. Priez Dieu qu'il vous ouvre les yeux pour voir l'importance de ces vérités ; et qu'il vous donne une véritable contrition de vos péchés, et la grâce de vous séparer entièrement de tout péché, tel qu'il soit, et de tout ce qui est désagréable à celui qui vous a appelé à la sainteté du sacerdoce.
Considérez ces paroles de saint Paul, parlant du souverain Prêtre Notre-Seigneur Jésus-Christ : Talis decebàt ut nobis esset Pontifex, sanctus, jnnocens, impollutus, segregatus a peccatoribus2 : « Il était convenable que celui qui devait être notre Pontife et notre Prêtre, fût saint, innocent, sans souillure et sans tache, et séparé des pécheurs. » Il semble que l'Apôtre ne trouve pas assez de termes pour nous exprimer l'éloignement que Jésus- Christ devait avoir du péché, parce qu'il était prêtre. C'était assez de dire qu'il était de la décence, à raison de son sacerdoce, qu'il fût saint ; car la sainteté, selon saint Denis, est une pureté sans tache, parfaite, exempte de toute souillure et de tout ce qui a besoin d'être expié. Et néanmoins il ajoute encore ces paroles : « innocent, impollu et séparé des pécheurs », pour nous inculquer davantage l'incompatibilité qui doit être entre le péché et le sacerdoce de Jésus-Christ. Or le sacerdoce de Jésus- Christ est le sacerdoce du Nouveau Testament, dont tous les prêtres chrétiens sont revêtus ; et ils ne font qu'un seul prêtre avec le souverain Prêtre, comme les membres ne sont qu'un avec leur chef : c'est pourquoi ils doivent être saints comme lui, innocents comme lui, sans tache et sans souillure comme lui, et séparés des pécheurs comme lui, autant qu'ils en sont capables
Gonc. Trid. Sess. 22. De Reform. c. 1. » llebr. Vil, 26.
Considérez-vous bien dans ce miroir, afin devoir combien votre vie est éloignée de la pureté et de l'innocence qui doit être attachée à l'état de la cléricature et du sacerdoce chrétien, et de vous exciter à réparer vos fautes passées par une véritable pénitence, et à fuir pour l'avenir, moyennant la grâce de Notre-Seigneur, toute sorte de péchés, spécialement ceux qui sont plus opposés à la sainteté ecclésiastique, comme l'impureté, l'avarice, l'oisiveté, l'intempérance, l'orgueil et la vanité.
Oraison jaculatoire :
Miserere mei, Drus, srcunduin magnam misericordiam
I mini1 .
XIII. — QUE LES ECCLÉSIASTIQUES Doivent renoncer entièrement au monde.
\ dorez et considérez Jésus le souverain Prêtre, dans ^*- les dispositions et sentiments qu'il a portés et qu'il portera éternellement dans son cœur au regard du monde, qui sont quatre :
Le premier est un sentiment de inépris, procédant de la connaissance très claire qu'ila que tout ce qui est dans le monde n'est que fumée, vanité et néant : Vanitas vanitatum, et omnia vanitas-.
Le secoud est un sentiment d'aversion, de haine et d'indignation, parce qu'il sait que le monde est l'ennemi de son Père et qu'il est l'objet de sou ire ; à raison de quoi son Disciple bien-aimé a dit : Si quis diligit mundum, non est charitas Pal ris in <;ud : « Si quelqu'un aime le monde, il ne peut pas aimer Dieu, ni être aimé de Dieu. »
Le troisième est un sentiment ou disposition de pa-
1 Ps. L. 1. — s Eccles. 1, 2. — 3 1 Joan. II, 15.