‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 4)Chapitre 172 sur 369 · CINQUIÈME PARTIE. — £ XIV · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE. — £ XIV

diction de Dieu en portant une couronne convenable, d< se cheveux courts et un habit long, qui soit conforme à La simplicité et modestie ecclésiastique, c'est-à-dire non de soie, ni doublé de soie, ce qui est défendu par les Conciles1, mais d'une étoffe médiocre, ni trop précieuse, ni trop chétive.

Outre ces trois choses, les ecclésiastiques doivent toujours avoir dans l'église le surplis et bonnet carré ; et cela est aussi ordonné par plusieurs saints conciles, qui leur défendent de se conformer en leurs habits aux modes du siècle, comme de porter des souliers ou cornus par le bout, ou trop longs, trop ouverts, découpés2: Calceos ad eleganliam ne incidant ; et de suivre la vanité et légèreté des séculiers en leurs chapeaux, en leurs collets et au reste : Piieus in summitate non àcutus, in longitudinc et latitudine et cingulo modcstus, et sa'cnlaribus dissimilis sit 3. Collare simplex, et modice latum honeste recîïnetur * '.

Ce sont les règles que le Saint-Esprit donne aux ecclésiastiques. Donnez-vous à lui pour les garder, et le priez de vous en donner la grâce.

Oraison jaculatoire :

Domine, da quod jubés, et jubé quod vis.

1 « A sericis vestibus abstineant. » Concil. Florent, ann. 1517. — Ne ferant ornamenta ex veluto aut serico, supra qualecumque genus vestium. » (Syn. Taurin, ann. 1575.) — « Deponant etiam pallia ex sericeis filis duplicata et contexta. » Concil. Durdigal. ann. 1624.)

a « Galceis nigris solumhiodo utantur. » (Synod. Cremon. an. 1624) ;

— « non lunatis, seu cornutis, aut nimis fenestratis. » (Concil. Senon. anno 1524).

3 <i Pilei sint nigri coloris » (Conc. Neapol. anno 1510) ; — « simplices, nonaculeati autturbinati » Concil. Cosentinum, ann. 1519, ses. 4);

— « aut acuti. » Synod. Taurin. 1578). — « Sed plani et depressi, et eam latitudinem habentes ingiro, quœ honesta sit. » (Synod. Trid. ann. î 393) ; — « cura cingulis circum simplicibus. » (Edict. Urbani VIH, ann. 1614).

•* « Collare sit simplex » [Synod. Auximana, ann. 1593) ; — « modice latum » (Synod. Placent, ann. 1589) : — « et honeste reclinetur. » Synod. Concord. ann. 1587\

XX. — SUR LES SIGNIFICATIONS Du retranchement des cheveux que l'Évêque coupe en donnant la tonsure ; de la couronne j de la soutane ; du surplis et du bonnet carré.

Le retranchement des cheveux qui se fait en donnant la tonsure, signifie que celui qui entre dans l'état ecclésiastique doit retrancher de son âme, qui fait sa particulière résidence dans la tète et qui y exerce ses principales fonctions, toute sorte de vices, toutes pensées vaines et toutes sollicitudes superflues des choses de la terre.

La couronne contient deux choses, dont la première est la rasure des cheveux, la seconde est la figure ronde. La rasure représente la contemplation des choses célestes ; et que, comme le sommet de la tête de l'ecclésiastique est dénué de oheveux vers le ciel, ainsi so*i esprit doit être déchargé de toutes pensées superflues, et tendre à Dieu sans empêchement des soins et affections terrestres. La figure ronde de la couronne représente la couronne d'épines de Notre-Seigneur, la royauté de l'état ecclésiastique, et fa perfection de la vie à laquelle un ecclésiastique est obligé : Circulus est signum perfeclionis, dit saint Thomas1.

Considérez bien toutes ces choses, et qu'elles vous obligent à détacher entièrement votre esprit et votre cœur des choses de la terre; à vous occuper en la méditation des

1 « Dicendurn quod eis qui ad divina ministeria applicantur competit tonsura et rasura in modum coronae et ratione figura?, quia corona est signum regni et perfectionis, cum sil circularis. 11 li autem qui livinis mysteriis applicantur, adipiscuntur regiam dignitatem, et perfecti in virtute esse debent. » S. Thom. in IV Sentent, distinct. 24, q. 3, art. 1.

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