‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 4)Chapitre 181 sur 369 · Pour chaque année : la manière de passer sain · texte numérisé non relu

Pour chaque année : la manière de passer sain

• Cette seconde oraison était déjà en usage à. l'Oratoire. Voir Œuvres du Cavd. de Bérulle, Migne. col. 1749.

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tement le temps du Carême; les moyens d'honorer les mystères de Jésus et de Marie ; les devoirs que nous devons rendre à Notre-Seigneur exposé dans le Saint-Sacrement; les préparations qu'il faut apporter aux principales fêtes ; les honneurs dus aux saintes Reliques ; la rénovation des promesses cléricales, etc., etc.

IV. On y trouvera enfin un grand nombre de belles prières et de pieuses Litanies composées par le V. P. Eudes en l'honneur des principaux mystères de Notre-Seigneur et de la sainte Vierge, ou à la louange des Saints dont il recommande la dévotion. Ce sont les Litanies du saint Enfant Jésus et celles de l'Enfance de la sainte Vierge, qui se disent chaque lundi et durant le temps consacré à ces mystères ; celles du très saint Sacrement, pour le jeudi de chaque semaine et pour l'octave de la Fête-Dieu ; celles de la Passion de Notre-Seigneur, pour le vendredi; celles du Sacré Cœur de Jésus et du très saint Cœur de Marie, pour le samedi et pour les octaves des fêtes de ces divins Cœurs. Puis celles de la très sainte Trinité, de saint Joseph, des saints Anges, de saint Joachim et de sainte Anne.

Ces diverses Litanies et les oraisons qui les terminent reflètent l'ardente piété du Vénérable et résument sa doctrine d'une manière frappante.

Entre toutes, on remarquera celle du Sacré Cœur de Jésus, la première qui ait été composée en l'honneur de ce Cœur adorable. Le P. Eudes l'écrivit en 1668, au moment même où il faisait imprimer le Manuel. Elle est à elle seule une preuve incontestable de son apostolat, et elle contient tout un traité de la dévotion au Sacré Cœur.

Non moins remarquables sont les dix Litanies que

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le pieux écrivain a composées en l'honneur du liés saint Cœuif de Marie, l'une pour chaque samedi de l'année, et les autres pour l'octave de la Fétc. En éditant, en 1650, son petit livre de la Dévbtion au très saint Cœur et au saint Nom de la bienheureuse Vierge, il y ajouta huit de ces Litanies pour les huil jours de l'octave, et il leur donna pour oraison celle même delà tête1. Il les remania ensuite pour l'édition de 1663, de façon à former une neuvaine de Litanies, commençant la veille de la fête, et il y ajouta une oraison spéciale. Il les publia aussi dans le Manuel, puis dans le Cœur admirable. Il avait recueilli la plupart des invocations qui les composent, soit dans l'Ecriture, soit dans les ouvrages des Pères ou des Docteurs de l'église ; et, dans les opuscules de 1650 et 1663, il indique en manchette quelquesunes de ces sources. Nous reproduirons en notes ces indications dans le Manuel.

M. l'abbé Lecointe, éditeur de la Vie du P. Eudes par' le P. Martine, a publié cette neuvaine de Litanies avec leur traduction, dans un petit in-18 imprimé à Caen en 1884. Mgr deSégur a publié de son coté les Litanies du Sacré Camr de Jésus du Vénérable, et une partie de ses Litanies en l'honneur du saint Cœur de Marie, dans son opuscule qui a pour titre Le Sacré Cœur de Jésus.

Ces pieuses Litanies, qui toutes ont été approuvées par une multitude d'évoqués et trouvées irréprochables par la S. Congrégation des Rites, peuvent toujours être récitées en particulier par toutes sortes de personnes. On peut aussi les réciter ou les chanter en communauté, mais en dehors des églises ou chapelles soit publiques, soit semi-publiques. Car, par deux décrets en dates du 6 mars 189i et

1 On la trouvera dans le Manuel, part. ."'>. g 2, \ei> la On.

28 novembre IN!):;, le Pape Léon XIII a détendu de chanter ou de réciter en .commun, dans ces édifices sacrés, d'autres Litanies que celles qui sont formellement approuvées par la S. Congrégation des Rites; et jusqu'ici les seules Litanies du saint Nom de Jésus, du Sacré-Cœur, de la sainte Vierge, et celles des Saints appelées Litanies Majeures, sont revêtues de cette approbation.

Mais dernièrement, le 14 avril 1905, sa Sainteté le Pape Pie X a autorisé les Pères Eudistes, ainsi que tous les pensionnaires, retraitants, séminaristes ou étudiants, même externes, de leurs maisons, à réciter en commun, dans leurs églises ou chapelles, toutes les Litanies contenues dans leur Manuel, à la condition que le peuple ne prenne point part à cette récitation1.

Notons encore ici que le Vén. P. Eudes avait une manière très belle et très pieuse de faire chanter ou réciter en commun les Litanies. Il voulait qu'on le fît à deux chœurs, ou alternativement avec le semainier, l'un disant une invocation entière avec or a pro nobis ou miserere nohis, l'autre disant aussi intégralement l'invocation suivante. Cette coutume s'est maintenue jusqu'à nos jours dans l'Ordre de N.-D. de Charité.'

On comprendra aisément, après tout ce que nous venons de dire, que le Manuel du P. Eudes ne convient pas seulement aux membres de la Con-

1 Une attestation <le cette permission accordée per oraculum vïvw, vocis, attestation munie du sceau du Procureur de la Congrégation qui l'a obtenue, est conservée aux Archives de l'Institut. Nous croyons que les Religieuses de N.-D. de Charité obtiendraient facilement la même faveur si elles en faisaient la demande.

grégalion de Jésus el Marie, mais qu'il peut être d'une grande utilité à tous les prêtres, vivant eu communauté ou non, aux Religieuses instituées par le Vénérable ou se rattachant à lui de près ou de loin, et même à tous les pieux lidèles qui goûtent sa doctrine, et qui ont à cœur de se sanctifier en travaillant à former chaque jour et à faire vivre et régner Jésus dans leurs âmes.

De fait, dans la pensée du pieux apôtre, ce livre n'était pas destiné seulement aux membres de son Institut, mais aussi à tous les ecclésiastiques qui vivent et prient en commun dans les séminaires, les presbytères, les maisons de retraite. C'est ce qui ressort du titre même de l'ouvrage.

Dans les règlements que le P. Eudes a tracés pour les Séminaires, il veut que les séminaristes et les prêtres qui vivent dans les maisons de sa Congrégation récitent les prières du Manuel, et il les avait fait imprimer à part à cette fin, comme le prouvent des exemplaires de ces prières, formant un fascicule de quarante pages, et qui se trouvent d'ordinaire reliés avec la première édition du Mémorial de la me ecclésiastique.

La plupart des prêtres ainsi formés dans les séminaires Eudistes, et beaucoup de ceux qui y venaient faire des retraites, continuaient toute leur vie à se servir de ce formulaire de prières et à faire un certain nombre des exercices du Manuel. On nous a même affirmé que, dans les trente premières années qui ont suivi laRévolution de 1793, un grand nombre de prêtres de Normandie et de Bretagne récitaient toujours les prières des Eudistes ; et il parait qu'aujourd'hui encore ces prières sont en usage au grand séminaire du Mans, où un ancien Eudiste a été assez longtemps supérieur après son retour de l'exil.

Ouant aux religieuses de Notre-Dame de Charité, <[iii récitent les mêmes prières que leurs frères et font les mêmes exercices, elles seront d'autant plus heureuses de trouver ici l'esprit et l'explication de ceÈ pieuses pratiques, que leur Vénérable Instituteur n'a pas eu le temps de mettre à exécution un projet longtemps caressé par lui, celui de composer à leur usage un Manuel analogue à celui de la Congrégation de Jésus et Marie.

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