‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 4)Chapitre 31 sur 369 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Que dirai-je davantage? Oui parle du sacerdoce, cl i t saint Denis, l'Apôtre de la France, parle d'un ordre qui contient en soi tout ce qu'il y a de plus saint et de plus sacré '.

Qui parle du sacerdoce, dit saint Ignace martyr, parle de la plénitude et du eomjde de tous les biens qui sont sortis d<3 la bonté immense de Dieu 2.

Qui dit un prêtre, dit le même saint Denis, dit un homme tout divin 3.

Qui dit un pasteur et un prêtre ornés d'une sainteté proportionnée à la dignité de leur condition, dit la plus grande sainteté qui soit dans tous les états de l'Église, et une sainteté qui est source et principe de grâce et de sainteté, puisqu'il est vrai que le sacerdoce chrétien est la fontaine de toute la sainteté chrétienne.

Qui dit un tel pasteur et un tel prêtre, dit un homme appelé à la dignité sacerdotale, non pas par la volonté de l'homme, ni par la volonté de la chair et du sang, je veux; dire par le mouvement de ses parents, ni par l'esprit du monde, c'est-à-dire par l'esprit d'ambition, ou par l'esprit d'avarice, ou par quelque motif humain et terrestre, mais par une véritable et puissante vocation de Dieu.

Qui dit un tel pasteur et un tel prêtre, dit un homme doué de toutes les qualités et perfections marquées au chap. 3" de la lre Épitre de saint Paul à son disciple Timothée, et au chapitre 1er de l'Ëpître à Tite, c'est-à-dire un homme dont la vie est sa,7is épime et irrrprrhotsi/ilc,

'« Sucer iyi tur ordo noster dicitur et est functio universa sacra in se complecteus. » Do Ecoles. Ilieruclt. cap. I. ji 3. — « Qui sacerdotem dicit, augustiorem prorsusque divinum insinuât virum. toliusque sanetœ seientise peritissiinuiu. h Il>id. Cf. Molina, L'Imtruct. des prêtres, 1er part., ch. 5.

s « Saeerdutium enini est omnium bonorum, quœ in hominibus sunt, apex. » Kpist. 10 ad Smyrji. Cf. Molina, 1. c.

J « Qui sacerdotem appellat, Deo intime unitum ac divinum plane virum significat. » De Eccl. Ilierarch. cap. I, g 3.

qui n'est ni avaricieux et attaché à ses intérêts, ni saperbe ou ambitieux , ni turbulent ou contentieux ; qui ne fait injure ni outrage à personne, et qui nest point sujet au vin ni à la colère ; mais qui est orné de justice, de prudence, de modestie, d'honnêteté, de sobriété, de pudeur, de chasteté, de science, de bénignité et de sainteté ; qui est amateur de l'hospitalité, et qui sait bien gouverner sa maison et ses domestiques en la crainte de Dieu. Car comment est-ce, dit ce grand Apôtre, que celui qui ne règle pas bien sa famille, pourra régir comme il faut VEglise de Dieu ' ?

Qui dit un tel pasteur et un tel prêtre, dit un homme qui emploie tout son revenu, non en superfluités et excès d'habits, de meubles, de jardins, de festins; de chiens, de chevaux, de grand nombre de valets et autres choses semblables, m pour gratifier, enrichir ou accommoder ses parents ; mais à décorer les églises, à vêtir les nus, à donner à manger à ceux qui ont faim et à boire à ceux qui ont soif, à délivrer les prisonniers et les captifs, à marier de pauvres filles, à établir des séminaires ecclésiastiques, à bâtir des temples et des hôpitaux, et à faire toutes sortes de bonnes œuvres.

Qui dit un tel pasteur et un tel prêtre, dit un homme qu'on voit souvent dans les hôpitaux, dans les prisons et dans les maisons des pauvres malades, pour les consoler, instruire et assister dans leurs nécessités corporelles et spirituelles.

Qui dit un tel pasteur et un tel prêtre, dit un homme qui

1 « Oportet episcopum sine crimine e$se..., non superbum, non iracundum, non vinolentum, non percussorem, non turpis lucri cupidum ; sed hospitalem, benignum, sobrium, justum, sanctum, continentem. » Tit. 1,7, 8. — « Oportet episcopum irreprehensibilem esse, sobrium, prudentem, ornatum, pudicum, hospitalem, doctorem, non vinolentum, non percussorem, sed modestum ; non litigiosum, non cupidum, sed suae domui bene praepositum... Si quis autem domui suae prsesse nescit, quomodo Ecclesiae Dei diligentiam habebit ? »

Tim. III, 2-5.

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