‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 4)Chapitre 33 sur 369 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Mémorial des devoirs de TÉtat ecclésiastique.

Gomme il n'y a point de personnes an monde qui, après la très sainte Vierge Mère de Dieu, aient plus reçu de grâces et de faveurs de la divine libéralité, que les ecclésiastiques, ainsi qu'il est aisé de le voir par toutes les choses qui ont été dites ci-dessus : aussi il n'y en a point qui soient obligés à une plus grande perfection et sainteté de vie, et à rendre à Dieu plus de service et d'honneur, spécialement s'il nous a appelés à la conduite des âmes dans son Église.

C'est pourquoi il est très important et très nécessaire de considérer souvent et sérieusement devant Dieu la dignité et excellence de notre vocation, les obligations et devoirs qui la suivent, et la manière de nous en acquitter dignement.

A cette fin, il est bon d'avoir entre les mains un mémorial et abrégé de ces choses, dans lequel nous les puissions lire etrelire souvent, afin de les graver profondément dans nos Cœurs, et de les exprim'er en notre vie et en nos mœurs.

En voici un que j'ai dressé à cette intention, et dans lequel j'ai réduit les principaux devoirs de l'état ecclésiastique à trente-quatre chefs, par honneur aux trentequatre années de la vie sainte et divine du grand Pasteur des âmes, et du souverain Prêtre Jésus-Christ Notre-Seigneur, laquelle est l'exemple et la règle de la vie de tous les pasteurs et de tons les prêtres.

Si donc nous désirons suivre une règle si aimable, sis douce et si parfaite, nous devons :

Établir dans nos cœurs un grand dessein et une%profonde et véritable résolution de vivre de telle sorte, intérieurement et extérieurement, que notre vie soit irrépréhensible, selon ces paroles du Saint-Esprit, qui s'entendent du prêtre aussi bien que de l'évêque : Oportet episcopum irreprehensibilem essex : et qu'elle soit un Évangile vivant; une prédication continuelle, et une règle parfaite de la vie et des mœurs de ceux que nous avons à gouverner.

Faire une haute et généreuse profession de nous conduire en tout et partout selon les maximes de la foi et de l'Évangile, et à cette fin, les lire et étudier soigneusement. Car pourquoi est ce que Nôtre-Seigneur Jésus- Christ les a apportées du ciel, pourquoi les a-t-il enseignées, et pourquoi les a-t-il laissées par écrit dans son Évangile, sinon afin qu'elles soient suivies? Et qui est-ce qui les suivra, si les prêtres ne le font pas, eux qui les •doivent enseigner et prêcher aux autres chrétiens? Et comment les prêcheront-ils et les suivront-ils, s'ils ne prennent pas la peine de les lire là où elles sont, spécialement dans les chapitres 5e, 6e, 7e de saint Matthieu,?

Faire état de n'être point du monde et de renoncer entièrement à ses maximes, à son esprit et à toutes les choses qui y sont. Car si les vrais chrétiens ne sont point de ce monde, comme Jésus-Christ, leur chef et leur père, n'en est point, selon ces siennes paroles : De mundo no»

1 I Tim. m. 2.

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