‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 4)Chapitre 69 sur 369 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Ce qu'il faut faire pendant qu'on est dans le confessionnal.

Tacher de se maintenir dans l'esprit de piété et d'application à Dieu ; et pour cette fin élever souvent son cœur vers lui, spécialement au commencement de chaque confession, et se servir pour ce sujet de quelques saintes pensées et de diverses pratiques de piété, selon les temps et les jours auxquels on exerce ce ministère.

Par exemple, à la première confession que j'entendrai, j'élèverai mon cœur vers le Père éternel, et lui offrirai cette action, en l'honneur et union du très grand amour par lequel il a donné son Fils au monde, et en particulier à cette personne dont je m'en vais entendre la confession. Et en union de ce même amour, je donnerai mon temps, mon esprit et mon cœur à cette àme, pour coopérer à son salut, autant qu'il me sera possible.

A la seconde confession que j'entendrai, je me donnerai au Fils de Dieu, pour entrer dans les saintes dispositions d'amour et de charité avec lesquelles il s'est donnr à cette âme ; et en union de ce même amour, je m'appliquerai de tout mon cœur à cette même àme, pour lui donner toutes les instructions nécessaires à son salut.

A la troisième confession que j'entendrai, je me donnerai à l'amour infini que le Saint-Esprit a pour toutes les âmes, et pour celle-ci en particulier, etc.

A la quatrième, j'offrirai à Dieu l'action que je vais faire, en l'honneur de l'Incarnation du Fils de Dieu, et en l'honneur et union de l'amour infini par lequel il a accompli ce mystère pour toutes les âmes, et pour celle en particulier dont je vais ouïr la confession. Et la vue de cet amour très ardent de mon Sauveur vers cette âme me sera un puissant motif pour supporter avec douceur et

patience ses intirmités, et pour n'épargner aucune peine, ni aucun temps, afin d'aider à son salut.

A la cinquième, je prendrai en la même façon la pensée de la résidence du Fils de Dieu dans les sacrées entrailles delà sainte Vierge.

A la sixième, la pensée du mystère de sa naissance ; puis de celui de sa circoncision ; par après de sa présentation au temple ; et ainsi de tous les autres mystères de sa vie.

J'en pourrai faire de même au regard de la très sainte Vierge, et de tous les mystères de sa vie, en cette manière :

« 0 mon Dieu, je vous ofïre cette confession que je vais entendre, en l'honneur et union de la très grande charité 'que la bienheureuse Vierge a pour cet àme. 0 Mère de belle dilection, faites-moi participant de votre charité. 0 Mère de miséricorde, exercez maintenant vos grandes miséricordes vers cette âme et vers la mienne. Ou bien : »

« 0 mon Dieu, je vous offre cette action, en l'honneur du mystère de la très pure Conception de la très sacrée Vierge, et en l'honneur et union de la très ardente charité qu'elle a eue pour les âmes, dès ce premier moment de sa vie. »

J'en pourrai faire autant sur le mystère de sa Naissance, sur celui de sa Présentation, et sur tous les autres.

J'en pourrai encore user à peu près de la même façon au regard des Anges et des Saints en cette sorte :

« 0 mon Dieu, je me donne tout à vous pour entendre cette confession, en l'honneur et union de la très grande charité que vos Séraphins, ou vos Chérubins, ou vos Trônes, ou vos Dominations, ou vos Vertus, ou vos Puissances, ou vos Principautés, ou vos Archanges, ou vos Anges, ou vos Patriarches, ou vos Prophètes, ou vos Apôtres, ou vos Martyrs, etc. ont au regard des âmes. »

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