‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 4)Chapitre 77 sur 369 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Pour assister les moribonds et agonisants.

Disposer^ le malade peu à peu et avec grande dou- , ceur à se donner et abandonner entièrement à la très sainte volonté de Dieu, et à lui sacrifier de bon cœur sa vie avec Notre-Seigneur qui a sacrifié pour nous une vie dont un seul moment vaut mieux infiniment que toutes les vies des hommes et des Anges.

Et afin de l'aider à cela, lui faire voir que la vie de ce monde n'est qu'une mort continuelle, environnée de toutes sortes de misères ; qu'il y a une autre vie, laquelle nous est préparée dans le ciel, qui est la vraie vie, la vie éternelle et bienheureuse, exempte de tout mal et comblée de toutes sortes de biens ; que ce monde est une prison,, un lieu de bannissement, et même un enfer pour les vrais enfants de Dieu ; et que le ciel es! notre chère patrie, que c'est là que sont notre Père et notre Mère, Jésus et Marie, avec tous nps frères et sœurs, tous les Anges et les Saints, qui nous aiment très ardemment, et qui ont des désirs extrêmes de nous voir avec eux jouissant de la béatitude inénarrable qu'ils possèdent ;

Que nous avons mérité toutes sortes de morts par nos péchés, et que nous devons l'accepter au temps, au lieu et en la manière qu'il plaira à Dieu de nous l'envoyer, en l'hommage de sa divine justice ;

Que, quand même nous serions dans un état d'innocence, et que nous ne serions point nés enfants d'Adam, Dieu est toujours notre Souverain, et parles droits que sa souveraineté divine lui donne sur nous, il peut faire de nous tout ce qu'il lui plaira, avec infiniment plus de raison que le potier ne peut disposer de son pot; et que «'est à nous de nous soumettre et abandonner volontai-

renient à tout ce qu'il lui plaira ordonner de nous et de la vie qu'il nous a donnée ;

Qu'enfin Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui est la vie éternelle, ayant voulu mourir pour nous, et la très sainte Vierge, qui est la mère de vie, étant morte, quand nous ne serions point sujets à la mort, nous devrions nous y assujétir volontairement, pour être conformes à notre Père et à notre Mère, et pour rendre honneur à leur très honorable mort par la nôtre.

2. Étant résigné à la divine volonté sur ce sujet, lui proposer les devoirs qu'un chrétien est obligé de rendre à Dieu et à Jésus-Christ Homme-Dieu avant que départir de ce monde, et lui aider à s'en acquitter.

Or ces devoirs sont: 1.) De remercier la très sainte Trinité avec Jésus-Christ et avec toute l'Église, de toutes les faveurs qu'il a reçues de sa divine bonté. 2.) Lut demander pardon de tous ses péchés, et lui offrir sa mort en union de la mort de Jésus-Christ pour satisfaction. 3.) L'adorer, louer, glorifier et aimer, puisque nous nesommes au monde que pour cette fin, et qu'il faut finir notre vie en faisant ce pourquoi Dieu nous a créés. 4.) Prier Notre-Seigneur qu'il fasse toutes ces choses pour lui, et faire la même prière à la très sainte Vierge, à ' saint Joseph, à son bon Ange, et à tous les autres Anges et Saints. 5.) Adorer aussi, louer et remercier Notre- Seigneur Jésus-Christ, lui demander pardon, et prier sa très sainte Mère, tous les Anges et tous les Saints, de lui rendre pour lui tous ces devoirs et tous les autres auxquels il est obligé.

3. Lui proposer ses devoirs au regard de la très sainte Vierge, de saint Joseph, de son bon Ange, de tous les autres Anges et Saints, et spécialement de ceux qu'il est obligé d'honorer plus particulièrement, l'exhortant : 1.) à les remercier; 2.) à leur demander pardon, et en satisfaction leur offrir le très aimable Cœur de Jésus ; 3.) à invoquer leurs prières et leur assistance pour l'heure de sa mort.

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