‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 5)Chapitre 102 sur 303 · PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE Mil · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE Mil

C'est ainsi, ù Mère admirable; que vous êtes de tonte éternité la Fille unique du Père, la Mère unique du Fils, l'Épouse unique du Saint-Esprit, et que vous êtes tout cela dès votre enfance et dès votre naissance, en la manière qui sera dite ci-après. C'est ainsi que Dieu vous possède au commencement de ses voies.

Mais voici bien davantage : C'est que non seulement cette très précieuse Vierge se trouve au commencement des voies de Dieu ; mais elle en est le commencement, le principe et la cause, après la Sagesse éternelle. Car ûe mot inilium le porte ainsi, selon l'interprétation de plusieurs célèbres théologiens.

N'est-elle pas, après son Fils Jésus, la source de tous les desseins de bonté et de miséricorde que Dieu a de toute éternité sur toutes ses créatures, et de tous les effets que la divine Charité a opérés sur le genre humain, puisqu'elle est la Mère de celui qui en est le premier principe? Ne savez vous pas que c'est pour elle principalement que Dieu a créé ce grand monde? N'oyez- vous pas saint Bernard qui dit : Propter hanc totus mundus f'actus est1 ? ce que nous verrons plus clairement ci-après. Ne savez-vous pas ce que dit saint Bernardin de Sienne-, que c'est plus pour elle que pour tous les autres enfants d'Adam, que le Fils de Dieu est venu en ce monde, qu'il s'est incarné et qu'il a opéré tous ses autres mystères ; et, par conséquent, que l'œuvre de l'Incarnation, de la Rédemption, de la justification, et de la glorification est plus pour elle que pour tout le genre humain ? Ne vous souvient-il pas de ce qui a été dit cidessus, que les rigueurs de la divine Justice sont adoucies par son moyen dans le purgatoire, et que l'ire de Dieu

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