Prot>. VIII
2. « Ab aeterno ordinata sum, et ex antiquis antequam terra fieret. Nondum erant abyssi, et ego jam concepta eram ; necdum montes gravi mole constiterant : ante colles ego parturiebar : adhuc terram non l'ecerat, et ilumina, et cardines orbis teriœ. » Eccli. XXIV, 23-26.
186 l'enfance admirable
bénédiction qui portent des fruits de vertu et de sainteté. Mais la glorieuse Vierge est une terre sainte qui est élevée au-dessus de tous les cieux. C'est une terre qui a fait descendre le ciel en la terre, et qui a changé la terre en un ciel, voire qui a élevé la terre par-dessus le ciel. C'est une terre qui a enfanté un ciel, et le ciel des cieux. C'est une terre qui nous a produit le fruit de vie, et un fruit qui nous est infiniment plus précieux que tout ce qui est en la terre et au ciel : Terra deait fruclum mum\
Ce n'est pas une colline seulement, mais unemontagne par l'éminence de sa sainteté : une montagne dont les racines et les fondements sont posés sur le sommet des plus hautes montagnes, c'est-à-dire, dont les premières grâces qui lui ont été données en sa naissance et en sa conception, excellent par-dessus les plus hautes perfections des plus grands Saints: Mons in vertice monlium*.
C'est une fontaine qui arrose toute la terre, et qui fait, rejaillir ses eaux jusqu'au ciel. C'est une fontaine qui produit une mer immense, c'est-à-dire Jésus-Christ Notre-Seigneur, qui est un océan sans fond et sans bornes de toutes sortes de biens et de bénédictions.
C est ce fleuve merveilleux qui réjouit la cité de Dieu : Fluminis impetus lœtificat civitatem Dei3. Fleuve de vin céleste, fleuve d'eau de vie, fleuve de paix, fleuve de lait, fleuve de miel, fleuve de délices. Car je puis dire véritablement qu'il n'y a personne au monde qui sache ce que c'est que la paix de l'âme, la joie du cœur, les véritables délices et le paradis en terre, sinon ceux qui boivent souvent des saintes eaux de ce fleuve, c'est-àdire, ceux qui servent, qui honorent et qui aiment ardemment la très aimable Marie.
Enfin, c'est l'abîme des abîmes ; c'est une mer immense, qui non seulement comprend toutes les eaux des grâces