Enfance admirable, 1™ p., ch. 14, et passim
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toutes les vertus et surtout de la divine charité, ce qui lit du sein de sa glorieuse mère « un paradis de délices et un ciel de gloire » pour l'auguste Trinité \ A propos de la naissance de Marie, le Vénérable commente longuement le vingt-quatrième chapitre de V Ecclésiastique et le huitième des Proverbes, où il est question de la Sagesse éternelle, mais que l'Eglise applique, par accommodation, à la très sainte Vierge. Ce commentaire remplit quatre chapitres de ['Enfance admirable. Il est aussi remarquable par la richesse et la profondeur de la doctrine, que par la facilité et la simplicité du langage ; et, par ailleurs, la piété la plus suave ne cesse d'y régner. On y trouvera, sur la ressemblance parfaite de Marie ave» Jésus ; sur sa royauté universelle ; sur sa miséricorde, dont les effets se font sentir partout ; sur l'espèce d'omniprésence dont elle jouit par sa science, sa puissance et sa bonté qui s'étendent à tout: sur les riches présents qu'elle a reçus de la très sainte Trinité, du* Père dont elle est la « F'ille unique » et qui l'associe à sa paternité et à sa puissance, du Fils dont elle est « la Mère unique » et qui se donne à elle avec sa sagesse, du Saint-Esprit dont elle est « l'Epouse unique » et qui lui fait part de sa bonté ; sur la place toute spéciale qu'elle occupe dans le plan de la création et de la rédemption ; sur les grâces don I nous lui sommes redevables ; et spécialement sur la charité qu'elle nous communique; on y trouvera, lis-je, sur ces questions et sur d'autres encore, de belles considérations dont une froide analyse ne saurait donner une idée. Rarement, je crois, on a écrit de plus belles pages à la gloire de Marie.
Dans un ouvrage consacré à l'Enfance delà sainte Vierge, il devait être question du Nom béni qui lui
[NTRODUCTION "2'.)
fut donné quelques jours après su naissance. Le I*. Eudes s'y arrête d'autant plus volontiers qu'il était rempli de vénération pour ee Nom auguste, qu'il croyait venu du ciel, et dont il aimait à scruter les sens cachés.
Dans le petit livre qu'il avait publié en K5i8 sur le saintCœur de Marie, il prêchait déjà la dévotion à ce Nom vénéré, et il en donnait, d'après les Pères et les Docteurs, seize interprétations diverses. Il les avait fait entrer dans les hymnes d'un office composé par lui en honneur de ce saint Nom, dont on célébrait la tète en quelques endroits le 22 septembre '. Je crois qu'à cette époque on la célébrait à cette date dans la Congrégation de Jésus et Marie2. Plus tard le Vénérable la renvoya au 25 septembre, et il compléta la messe qu'il faisait chanter en son honneur par l'addition d'une séquence3.
La dévotion au saint Nom de Marie n'occupe pas moins de cinq chapitres de YEnfaûce admirable. Dans les deux premiers, le P. Eudes reprend, en y en ajoutant une nouvelle, les seize interprétations qu'il avait données précédemment du Nom de Mario. Seulement, il les range dans un ordre nouveau, les développe davantage et Ips fait suivre d'élévations 1res pieuses, qui enlèvent à cet exposé sa sécheresse primitive. Dans les deux chapitres suivants, le Vénérable s'étend complaisamment sur l'excellence et l;i vertu du Nom de Marie, ce qui lui fournil une nou-
l. La fête du saint Nom de Marie Cul établie d'abord en Espagne, dans le diocèse de Cuença, en 1513. Ce lui Innocenl XI qui retendit à toute l'Église en 1683, en action de grâces de la victoire remportée par Sobieski sur les Turcs.
■>. C'est la date donnée parle P. Eudes dans son livre De la dévotion nu T. S. Cœur et nu T. >'. Nom de lu H. \ienje. p. 161 Ed. de 1663J, ainsi que dans le Catéchisme de lu mission, ch. 11.
3. Eu [m, <-e admirable. lre p., ch. 22. Cf. Offices dressés en l'honneur de N. S. et de sa T. S. Mère.
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velle occasion de célébrer les grandeurs de la sainte Vierge, et notamment la prédilection dont elle est l'objet de la part du Père éternel, et les bienfaits qu'elle répand sur la terre. Le dernier chapitre roule principalement sur les moyens à employer pour honorer le Nom de Marie. Le P. Eudes en recommande huit, dont les principaux sont l'invocation fréquente de ce Nom béni, la célébration de la fête établie en son honneur, et la récitation du Bencdictum si/.
Les derniers mystères de l'Enfance admirable de la sainte Vierge, sa vie durant trois ans auprès de saint Joachim et de sainte Anne, sa sortie de la maison paternelle, sa présentation an temple, le séjour qu'elle y fit et la vie qu'elle y mena nous sont très peu connus. La sainte Ecriture n'en parle point. On trouve, il est vrai, dans certains écrivains ecclésiastiques, des détails assez circonstanciés sur quelques-uns d'entre eux. Le P. Eudes les rapporte et les commente avec sa piété ordinaire. Ils n'en restent pas moins très incertains. Il n'est nullement certain, par exemple, comme le déclare Benoit XIV, que, durant son séjour au Temple, la sainte Vierge ait été autorisée à pénétrer dans le Saint des Saints, ni,; non plus, qu'un Ange lui apportât chaque jour la nourriture dont elle avait besoin1. Mais, quoi qu'il
1. •• Si quœvulgo sunl scripta, hue referre liceat, H. Virgo triennis prajsentata i'uit in Templo, ubi vitatn egit usque ad aetatem nubendo idoneatn, quo temporeAngeloram opéra eibo recreata est.. .Ut igitur ab incertis certa secernaiims, negamus de Prxsentatione dubitari quicquan] possé : ea vero quae veluti ejus adjuncta a aonnullis narrant m-, fatemur limitas rationes suppetere quamobrem in dubinm revocentur. Oonsulendus est Gottus, De veritale lieligionis christianse, cap. 3, ubi postquam ornneni rem accurate pertractavit, concluait, nullam excitandam de Prxsentatione controyersiain : de tempore autein, quo in Templum adducta sit. quomqdo ibi eduçata, cui prsesentata fuerit, de his omnibus nihil nos cxplo-
en soil de la vérité historique de ces détails, on ne saurait mettre en doute le fond même des mystères
exposés parle Vénérable, ni l'exactitude doctrinale des enseignements qu'il développe à propos de circonstances historiquement douteuses. C'est ainsi, par exemple, qu'à l'occasion du séjour de Mariedans le Saint des Saints, il nous montre en elle le sanctuaire le plus auguste de la Divinité, la véritable arche d'alliance, le propitiatoire du monde, l'oracle des chrétiens ; et qui ne voit que, si l'on peut élever des doutes sur l'entrée de Marie dans le Saint des Saints, la doctrine du Vénérable n'en reste pas moins, sur tous ces points, d'une incontestable vérité? La première partie de l'Enfance admirable se termine par trois chapitres où le pieux auteur exhorte les femmes chrétiennes, spécialement celles qui font profession de piété et les religieuses, à conformer leur conduite à celle de Marie durant son Enfance. Il suffit pour le moment de les signaler ; nous y reviendrons plus tard.