‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 5)Chapitre 13 sur 303 · Les Excellences de l'Enfance admirable · texte numérisé non relu

Les Excellences de l'Enfance admirable

Les excellences que le W Eudes relève tout d'abord dans la sainte Enfance de la bienheureuse Vierge sont la noblesse de ses parents, leur éminente sainteté, la ferveur de leurs prières, dont la conception de Marie fut le fruit, et enfin l'annonce qui leur fut faite, par saint Gabriel, de leur miraculeuse fécondité. Les quatre chapitres consacrés à ces questions contiennent tout ce que l'on peut dire de plus beau à la louange de saint Joachim et de sainte Anne. On

ratum babere... Optirao snne consilio Prœaentationem tantummodo tuetur, reliqua vëro non item, Franciscus Hieronymus Saxius. De laudibus Maiiae. » Benedictus XIV, De Feslis H. Marin- Virginis, CLXXVI. CLXXVIII.

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sait que le Vénérable leur portait une grande dévotion. Il avait môme composé en leur honneur des litanies qui sont restées en usage dans sa Congrégation, et dont ces quatre chapitres nous aident à comprendre les détails.

Dans le quatrième, le P. Eudes s'arrête également à célébrer les louanges de saint Gabriel. îl le regardait comme « l'Ange du saint amour », parce qu'il eut mission d'annoncer à la terre le mystère de Pin-, carnation, et qu'il fut l'Ange gardien de la Mère de belle dilection. Le P. Eudes était convaincu que saint Gabriel protège d'une manière spéciale les devais serviteurs de Marie, et il pensait que ceux-ci. de leur côté, doivent avoir pour lui un culte tout particulier, en reconnaissance des services qu'il a rendus à Marie durant son passage ici-bas, et des honneurs qu'il lui rend maintenant au ciel. Dans ses litanies des saints Anges, le P. Eudes accorde une belle place à saint Gabriel. Pour comprendre les litres qu'il lui décerne, il faut recourir au chapitre de Y Enfance admirable que nous analysons. C'est là, et là seulement, croyons-nous, qu'on en trouvera l'explication.

Dans le chapitre suivant, le P. Eudes montre que la naissance de Marie fut. comme le chante l'Eglise, un sujet de joie pour l'univers entier, et même pour les trois Personnes de la Très Sainte Trinité. L'occasion était favorable pour traiter des joies de la sainte Vierge elle-même. Le Vénérable ne manque pas de le faire ; et comme il souhaitait qu'on honorât Marie dans tous les états de sa vie. il ne manque pas non plus d'inviter les fidèles à honorer ses sept allégresses, en honneur desquelles il recommande certaines pratiques de dévotion empruntées à sainte Mechtilde et à saint Thomas de Cantorbéry.

Les excellences relevées jusqu'ici parle P. Eudes

dans la sainte Enfance de Marie son! extrinsèques à sa personne. Toutes se rapportent aux circonstances qui ont accompagné sa conception et sa naissance. Désormais, c'est sur Marie elle-même que le Vénérable fixe notre attention, et il nous entretient successivement de la beauté incomparable de son corps virginal, de la perfection de sa sainte Ame, de la science éminente qui lui. fut communiquée parle Saint-Esprit dès le moment de sa conception, de la plénitude de grâce dont son Cœur fut dès lors enrichi, et de la sainteté admirable de sa vie, même durant son Enfance. Plusieurs de ces questions avaient été touchées dans la première partie. Ici, le P. Eudes les traite avec plus d'ampleur et pour ainsi dire ex professa. 11 a soin, d'ailleurs, d'appuyer ses assertions sur l'autorité des théologiens catholiques et sur des preuves de raison dont il est difficile de contester la solidité. Nous n'analyserons pas en détail les enseignements contenus dans les cinq chapitres que le Vénérable consacre à ces questions. La lecture en est aussi facile qu'édifiante, et c'est pourquoi nous préférons laisser au lecteur le soin de les étudier lui-même.

Dans les deux derniers chapitres de cette seconde partie, le P. Eudes établit que, dès son enfance. Marie était déjà, du moins moralement, Reine de l'Univers et Mère de Jésus-Christ et de tous les membres de son corps mystique. Dans la pensée de Dieu, en effet, elle était déjà ornée de tous ses titres, et les privilèges admirables dont elle fut favorisée dans sa conception et durant son Enfance avaient pour but de la préparer à la dignité suréminente qui lui était destinée. Le Vénérable n'avait donc pas tort de compter la Royauté et la Maternité de Marie parmi les excellences de sa sainte Enfance, et en le faisant, comme on le verra dans son livre, il croyait être l'interprète de la liturgie catholique.

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3. — Les vertus de l'Enfance admirable, et les moyens de l'honorer.

La troisième partie de VEnfance admirable a pour objet les vertus qui ont brillé d'un éclat particulier dans la sainte Enfance de Marie, et les moyens à employer pour l'honorer comme il convient. Elle contient,en outre, huit méditations sur la sainte Enfance.

Le P. Eudes ne s'arrête guère aux vertus de Marie. Il n'aurait pu le faire sans grossir démesurément son livre. D'autres, d'ailleurs, l'avaient fait avant lui, et il n'aurait pu que répéter ce qu'ils en avaient dit. Il aima mieux renvoyer à leurs ouvrages, et en particulière celui d'Abclly1 qu'il avait déjà recommandé dans le Mémorial de la vie ecclésiastique'1. Pour lui, il se borne à indiquer la perfection incomparable des vertus de Marie, à décrire sommairement les principales, et à montrer de quelle manière on les peut imiter. Ouelques pages lui suffisent pour cela, mais ces quelques pages sont d'une netteté, d'une précision et d'une richesse doctrinale qu'on ne peut manquer d'admirer.

Entre autres moyens à employer pour honorer la sainte Enfance de Marie, le Vénérable recommande aux parents de lui consacrer leurs enfants, surtout leurs petites filles. Dans ce but, il propose un acte de consécration à Marie, rédigé spécialement pour les enfants, qu'on trouve à la fin de son livre. A ce propos, il fait l'éloge des congrégations de la sainte Vierge établies dans les collèges des Pères Jésuites, et il exprime le désir qu'on en établisse de semblables dans tous les couvents où l'on reçoit des petites filles. A défaut de ces associations, il insiste du

1. La tradition de l'Églist touchant ta dévotion à la sain te \'iertj<'. l. Partie quatrième, a. V.

moins pour que les religieuses et huiles les personnes qui s'occupent de l'instruction des lilles, inspirent à leurs élèves une tendre dé vol ion à Marie et surtout à sa sainte Enfance.

Un autre moyen d'honorer la sainte Enfance, qui ne peut manquer de produire d'excellents fruits., c'est d'en faire l'objet de fréquentes méditations. C'était bien lavis du F*. Eudes. Aussi conseille-t-il de prendre quelquefois comme sujet de méditation les enseignements contenus dans son livre, spécialement ceux qui sont renfermés dans quelques chapitres qu'il indique. Cela est d'autant plus aisé que tous les chapitres de Y Enfance admirable^ se terminent par une courte élévation sur le sujet traité, dans laquelle le I*. Eudes a su exprimer avec son onction ordinaire les sentiments que doit taire naître la contemplation des grandeurs et des vertus de Marie.

Toutefois, le Vénérable crut bon de placer à la fin de son livre une série de méditations spéciales, dont il recommande de faire usage le 8 de chaque mois, jour qu'il conseille de consacrer à la sainte Enfance de Marie. Ces méditations sont au nombre de huit. Le P. Eudes a pensé qu'elles suffiraient pour toute l'année, à cause des fêtes qui tombent le 8 du mois et qui naturellement font l'objet delà méditation du jour. Déjà, en effet, le 8 septembre, le 8 décembre et, pour les enfants du Vénérable, le 8 février sont occupés par une fête en honneur de Marie, et il doit arriver souvent que le 8 d'un des neuf mois qui restent soit occupé par une fête notable. Quoiqu'il en soit, les méditations du P. Eudes sont fort belles. On y trouve, avec la moelle des enseignements de l'auteur sur l'Enfance admirable, des vues très justes et très pratiques sur les vertus chrétiennes.

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