‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 5)Chapitre 14 sur 303 · III. — LE COTÉ MORAL DE « L'ENFANCE ADMIRABLE · texte numérisé non relu

III. — LE COTÉ MORAL DE « L'ENFANCE ADMIRABLE

L'Eîtfance admirable est avant tout un ouvrage doctrinal, où le P. Eudes a traité avec beaucoup d'érudition et de piété toutes les questions qui se rapportent à la première période de la vie de la très sainte Vierge. Mais, alors même qu'il traite une question doctrinale, le Vénérable ne le fait point à la manière d'un théologien uniquement préoccupé de la vérité qu'il veut exposer. Le l\ Eudes était apôtre jusqu'au tond de l'âme. Le zèle pour la gloire de Dieu et le salut des àmeg, deux causes qui en réalité n'en font qu'une, inspirait toutes ses entreprises. Dans l'Enfance admirable, on constate d'un bout à l'autre que, s'il a en vue la gloire de Marie, il songe également au bien des âmes qui liront son livre. Il déclare luimême que c'est dans le but de contribuer au salut des âmes qu'il en a entrepris la composition. Aussi les enseignements moraux, dont les tidèles ont besoin pour se sanctifier, occupent-ils une large placedans cet ouvrage. Je me suis même demandé parfois si, à tout prendre, ils n'en forment pas la meilleure partie.

Une des pensées dominantes de YEnfanee admirable, c'est que « Marie est avec Jésus, en tous les états de sa vie, le modèle et la règle de notre vie1. » « La vie toute pure et toute sainte de Marie, écrit le P. Eudes, est un divin miroir dans lequel vous verrez la beauté éclatante de toutes les vertus, et un modèle parfait de votre vie et de vos mœurs, sur lequel vous devez former vos actions et prendre règle de ce que vous avez à faire2. » « La vie de Marie,

écrit-il ailleurs, est une illustre éeole de sainteté et une excellente règle de perfection'. » « Dieu a voulu, dit-il encore, que sa très digne Mère passât par l'état d'enfance, alin de nous donner par ce moyen un exemplaire et une règle de la vie que tous les chrétiens doivent mener, qui sont obligés par les lois de l'uvangiie d'être des enfants en innocence, en simplicité, en humilité, en obéissance, en pureté, en douceur, en mansuétude !. » Et par manière de conclusion, le Vénérable ajoute ces paroles qui pourraient servir d'épigraphe à son livre : étudiez soigneusement votre règle â.

11 est vrai que Jésus est aussi notre modèle, notre exemplaire, la règle de notre vie ; mais Marie est la parfaite image de Jésus, et il y a avantage pour nous à considérer les exemples qu'elle nous donne, parce que, dit le Vénérable avec saint Anselme, « les vertus de la Mère ont je ne sais quoi de plus doux, de plus humain et de plus conforme à notre faiblesse, que les vertus du Fils, dont la hauteur et l'éclat nous effraient et nous éblouissent4. »

C'est donc avec la préoccupation constante de nous montrer en Marie un modèle à imiter, que le P. Eudes traite de ses grandeurs et de ses vertus. 11 veut être pratique, et, pour l'être pleinement, il ne perd pas de vue, si je puis ainsi dire, les devoirs des fidèles et les défauts de ses contemporains. On saisit sur le vif cette préoccupation de l'auteur en maints endroits de son livre. Voici, par exemple, en quels termes il décrit l'attitude de Marie lors de sa Présentation au Temple : « La voilà qui fait sa première entrée dans le Temple ; elle sait que c'est la maison

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