Orat. 1 de Dorrn. Vitg. — 2. Sermo 61 de B. Virg
k. Orat. 2 de Assumpt. — 4. Opusc. de Char. — 5. Serm. 104.
22 i l'enfance admirable
certainement on peut dire que la divine Maternité est la juste mesure de la toute-puissance divine, puisqu'il est très vrai que Dieu, qui peut bien faire un monde plus grand que celui-ci, un ciel plus étendu, un soleil plus éclatant, ne peut pas faire une plus digne et plus noble mère, que la Mère d'un Dieu.
Vous voyez donc comme notre divine Marie est un trésor caché dans l'esprit et dans le Cœur du Père éternel, puisqu'il n'y a que lui seul qui en connaisse le prix et la valeur.
Voilà la première manière en laquelle la très précieuse Vierge est le trésor de l'amour du Père éternel.
Pour bien entendre la seconde, remarquez, qu'il y a trois amours dans le Cœur adorable de ce Père divin, qui ne sont pourtant qu'un seul amour : le premier est l'amour infini qu'il a pour son Fils Jésus ; le second est l'amour immense qu'il a pour son Saint-Esprit; le troisième est l'amour très ardent qu'il a pour tous ses Anges, pour tous ses Saints et pour toutes ses créatures : Dilujis omnia quse sunt,el nihil odisli eorurri aux fecisti '.
Or, la très aimable Marie est un trésor qui contient en soi tous ces amours. Car, premièrement, ce Père saint la regardant comme la Mère de son Fils, et comme celle par conséquent qui n'est en quelque façon qu'une même chose, s'il faut ainsi dire, avec son Fils, n'ayant qu'une même chair, un même sang, une même nature, un même esprit, un même crpur, une même volonté, il l'aime du même cœur et du même amour duquel il aime son Fils. .Voyez-vous pas ce même Fils, lequel parlant de ses membres, c'est-à-dire, de tous les fidèles, à son Père, lui dit: Dilexisti eos sicut ot me dilexisti1: « Vous les avez aimés du même amour dont vous m'avez aimé ? » Si ce Père divin aime ainsi les serviteurs de son Fils, combien davantage sa Mère ?