Lib. 2, cap. 27. — 2. Fulb. in cap. 1 Matth
îi. « Ab infaniia enim... tam subjecta et obediens eram parentOras meis, quod eos in nnllo unquam eontristavi. » Lié. spec. gratiae, part. t. lib. 29.
Brigitte1, dont les Révélations ont été approuvées, comme j'ai déjà dit, par trois Papes, Urbain VI, Martin V et Boniface IX :
« Dès lors que j'eus connaissance de Dieu, tout an » commencement de ma vie, je commençai à craindre » beaucoup tout ce qui était contraire à son honrleur et » à mon salut, et à satisfaire soigneusement à tous mes " devoirs vers sa divine Majesté. Et sacbant qu'il était » mon Créateur et le juge souverain de toutes mes ac- » tions, je lui consacrai dès lors tout mon cœur et toutes » mes affections, et j'entrai dans un grand désir de veiller » sans cesse sur moi-même, afin d'éviter en mes actions » et en mes paroles tout ce qui lui serait désagréable. lit » connaissant qu'il avait donné sa loi et ses commande- » ments à son peuple, et qu'il avait fait tant de merveilles » en sa faveur, mon cœur fut embrasé d'un très ardent » désir de n'aimer rien que lui ; ensuite de quoi toutes » les choses du monde n'avaient pour moi que de l'amer- » tume. Et ayant connaissance qu'il devait racheter le » monde et prendre naissance d'une Vierge, je fus telle- » ment transportée d'amour vers lui, que mon esprit était » toujours occupé des excès de ses bontés, et ma volonté- » uniquement attachée à la sienne. Et afin de converser » davantage avec mon Créateur, je m'éloignais autant » que je pouvais de la conversation des créatures, et
1. « Ego a principio, cum audirem et intelligerem Deum esse, semper sollicita et timorata fui de salute et observantia mea. Cuikj autem audissem ipsum Deum esse Crealorem meum. et Judicem de omnibus actibus meis, intime dilexi eum, et omni hora timui, et cogitavi ne eum verbo vel facto offenderem. Deinde cum audissem eun* dédisse legem populo et prseeepta sua, et fecisse cum eis tanta mi— rabilia, proposui firmiter in animo meo nihil nisi ipsum diligere, et amara mihi erant mundana vehemenler. Post hœc, audito etian> quod i Ile idem Deus redempturus esset mundum, et nasciturus de Virgine, tanta oirca eum charitate affecta fui, quod nihil nisi Deun* cogitabam, nihil volebam nisi ipsum. Ego elongavi me, quantum potui, a colloquiis et prsesenlia parentum et amicorum. Et omnia quœ habere potui, dedi indigentibus ; nihilque nisi victum tenuen et vestitum reservavi. \ulla nisi Deus placuerunt. Ego semper ïn
» même de mes parents et amis. Et, pour me dégager de » toutes choses, je donnais aux pauvres tout ce que » je pouvais avoir, ne me réservant rien que les choses » absolument nécessaires pour le vivre et pour le vêtir ; » car je ne prenais plaisir en chose du monde qu'en mon » Dieu. Mon cœur était rempli d'un grand désir de vivre » jusqu'au temps que le Fils de Dieu devait naître en la » terre, et d'être la servante de celle qui serait sa Mère, » quoique je susse très bien que j'en étais indigne. Je fis » vœu aussi dans mon cœur de garder une perpétuelle » virginité, et de ne posséder rien en ce monde, le tout » *ous le bon plaisir de sa divine volonté, parce que je >< ne désirais rien, sinon que sa très sainte volonté fût » accomplie en toutes choses, et non pas la mienne. Car » comme je croyais fermement que rien ne lui était im- » possible, et qu'il avait tant de bonté qu'il ne voulait » rien que ce qui m'était le plus avantageux, j'anéantis- » sais entièrement toutes mes volontés et tous mes dé- » sirs à ses pieds, n'en voulant point d'autre que la » sienne, et le laissant désirer pour moi ce qui lui était » le plus agréable. Et le temps étant arrivé auquel les » vierges étaient offertes à Dieu dans le temple, j'y fus ■>■> présentée par mes parents, et y demeurai avec une » parfaite confiance que Dieu, qui est tout-puissant, et » qui savait bien que je ne voulais ni ne désirais rien » que de lui plaire, me conserverait ma virginité, si le » vœu que j'en avais fait lui plaisait ; sinon, qu'il ferait » ce qui lui serait le plus agréable. »
rorde meo optavi ut vîverem ad tempus nativitatis ejus, si forte fieri mcrerer ancilla indigna Matris Dei. Vovi etiam in corde meo, si esset ei acceptabile, observare virginitatem ; nihil unquam possidere in mundo ; si autem aliter vellet Deus, fieret voluntas ejus et non mea : quia credebam eum omnia posse, et velle nihil nisi mihi utile ; ideo ei omnem voluntatem mea m commisi. Instante vero tempore quo, secundum constitutionem, Virgines prœsentabantur in templo Domini, affui et ego inter eos, propter obedientiain parentum meorum, cogitans mecum Deo nihil esse impossibile. Et quia sciebat me nihil desiderare, nihil velle nisi se, posset me servare in virginitate. si ej placeret ; sin autem, fieret voluntas ejus. » Recel, lib. l,cap. 10.
« Je suis celle, dit encore la très sacrée Vierge parlant » à sainte Brigitte dans une autre occasion ', je suis celle » que Dieu a aimée, et qu'il à portée dans son Cœur de a toute éternité (c'est-à-dire d'une manière extraordi- » naire), et avec laquelle le Saint-Esprit a toujours été » dès mon enfance. J'ai toujours été remplie du Saint- » Esprit dans mon enfance. Et à mesure que j'ai avancé » en âge et que mon corps a pris accroissement, le Saint- » Esprit m'a toujours remplie de plus en plus, et d'une » plénitude si abondante qu'il n'a laissé en moi aucun » vide ni aucune place pour le péché. C'est pourquoi je » suis celle qui n'ai jamais commis aucun péché ni mor- » tel, ni véniel ; car j'étais tellement possédée de l'amour » de mon Dieu, que je ne prenais plaisir en chose du » monde qu'en l'accomplissement de sa très sainte vo- » lonté. Car, comme Dieu, qui m'a créée par sa puissance » et qui m'a remplie de la vertu de son Saint-Esprit, » était tout feu et tout flamme d'amour vers moi, mon » Cœur aussi était embrasé des flammes et des feux de » son divin amour. »
Voilà quelque chose de l'état extérieur et intérieur de notre divine Enfant, pendant qu'elle était en la maison de ses parents. J'ai dit quelque chose : car tout ce qu'on en peut dire et penser de grand, de saint et d'admirable n'est rien en comparaison de ce qui en est.
0 très sainte Trinité, soyez louée et magnifiée à jamais,
i. « Ego sum illa quse ab seterno in charitate Dei fui, et ab infantia mea Spiritus sanctus perfecte erat mecum... Ego ab infantia mea plena eram Spiritu sancto , et juxta corporis et œtatis meae accrescentiam, tam affluenter me totam replevit Spiritus sanctus, quod nihil in me vacuum reliquit ad peecati alicujus introitum. Et ideo i'go illa sum quae nunquam peccatum commisi veniale, nec mortale. Ego quippe in charitate Dei tam ardens eram, quod nihil mihi placuit nisi perfectio voluntatis Dei. Fervebat enim in Corde meo ignis divinae charitatis. Deus quoque super oninia benedictus, qui me sua potentia creavit, et Spiritus sancti virtute replevit, ad me ardentem charitatem habuit. » Revel. lib. 3, cap. 8.
par tous vos Anges, par tous vos Saints et par toutes vos créatures, pour toutes les faveurs que vous avez faites à cette sainte Enfant, spécialement durant les trois années qu'elle a demeuré en la maison de son père et de sa mère '. / 0 admirable Enfant, soyez bénite et glorifiée éternellement pour tout l'amour et la gloire que vous avez rendue à sa divine Majesté durant ce temps-là! 0 bienheureux sainl Joachiin, ô bienheureuse sainte Anne, quelle consolation pour vous, quels transports de joie, quels ravissements, voyant tant de vertu, tant de perfection, tant de merveilles dans votre petite Marie ! Quelles louanges en rendiez-vous à Dieu, qui vous avait donné un si riche trésor - Quels effets de grâce et de sainteté la vue, la présence, la conversation, l'exemple, les prières de votre sainte fille opéraient-ils dans vos âmes, durant ces trois ans que vous la possédiez si particulièrement ! Que de lumières pour votre esprit, que d'ardeurs célestes et divines pour votre cœur, en la présence de cette Marie illuminatrice et illuminante, de cette brillante étoile de la mer, de cette belle aube du jour, de ce merveilleux soleil ! Si saint Zacharie et sainte Elisabeth sont remplis du Saint-Esprit, selon le témoignage de l'Évangile, par une participation de la plénitude de leur enfant, le petit Jean-Baptiste, qui en est plein étant encore au ventre de sa mère, comliien davantage en ètes-vous remplis par le moyen de votre divine Enfant, qui le possède dans une plénitude, laquelle surpasse presque infiniment celle du petit saint Jean ?
Mais qui pourrait dire les soins, les affections, les diligences que vous apportez pour la nourriture et pour l'éducation d'une Enfant qui vous est si chère, et que vous savez être choisie de Dieu pour être la Mère du Sauveur du monde ! Avec quelle joie, avec quelle ardeur lui rendez vous tous les offices qu'un très bon père et une très bonne mère peuvent rendre à leur enfant, et à une telle enfant ? Oh ! combien tout le genre humain vous en estil obligé ! Oh ! que le ciel et laterre et toutes les créatures