‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 5)Chapitre 151 sur 303 · PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE XXIV 25-'l · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE XXIV 25-'l

quitter son père, sa mère, son pays et tous ses parents : c'est assez qu'elle sache qu'elle fera une chose bien agréable à sa divine Majesté ; elle ne veut point d'autre récompense que de lui plaire.

Ce n'est pas merveille qu'Abraham, qui connaît et qui aime Dieu, et qui par conséquent ne peut avoir que de l'aversion et de la haine contre ce qui déshonore Dieu, abandonne un pays rempli d'idolâtrie, et quitte des parents qui sont des idolâtres et des ennemis de Dieu. Mais c'est une chose prodigieuse de voir une fille qui sort d'une maison où Dieu est incessamment adoré et glorifié, et qui quitte un père et une mère qui sont des saints et des plus grands saints qui aient été en la terre.

Abraham sort de son pays et de sa parenté, étant âgé de soixante-quinze ans : mais la petite Marie se sépare d'un père et d'une mère qu'elle aime très ardemment et dont elle est beaucoup plus aimée qu'on ne peut dire, dans ses plus tendres années et dans un âge auquel leur présence et leur assistance lui seraient très nécessaires.

Abraham sort voirement de la maison de son père ; mais il mène avec lui ce qu'il a de plus cher, sa femme Sara et son neveu Lot; et il emporte tous ses biens: Tulit universam substantiam quam posséderont*. Mais notre incomparable Enfant n'emporte rien du tout de la maison de ses parents. Ils l'accompagnent jusques au temple ; mais ensuite elle y demeure privée entièrement de la douceur de leur sainte conversation, et séparée de toute sa parenté.

Après tout néanmoins, la sortie d'Abraham et la sortie de Marie, fille d'Abraham, hors de leur pays, conviennent parfaitement en une chose. C'est que, comme la sortie d'Abraham hors de la maison de son père lui a mérité d'être le père d'un nombre innombrable d'enfants, le père des croyants et le père même du Messie : aussi la sortie

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