PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE XXIX
prenez, dit-il, femmes chrétiennes, ce que vous devez faire aimer à vos filles, ce que vous devez leur faire haïr. Que celles qui voudront danser dansent, pourvu qu'elles sachent que cela n'appartient qu'à la fille de l'adultère llérodias. Mais une mère chaste et pudique doit enseigner la piété et la vertu à ses filles, et non pas la danse. Et saint Augustin appelle le lieu où l'on danse : Turpissimam diaholi caveam', « la très sale caverne du diable. »
Ce sont celles encore qui font des aumônes et des œuvres apparentes de charité, et même quelquefois des fondations pieuses et d'autres choses semblables ; mais qui ne payent pas leurs dettes, ni le salaire qui est dû à leurs serviteurs et servantes, et à de pauvres ouvriers ; ni ce qu'elles ont pris chez les bouchers, boulangers, confituriers et autres semblables, pour l'entretien de leur table ; et chez des drapiers, merciers, carrossiers et autres, pour se vêtir pompeusement, pour habiller leurs laquais, pour faire rouler leurs carrosses, pour meubler leurs maisons, et pour l'employer en d'autres excès et vanités : ce qui crie vengeance devant Dieu.
Ce sont celles qui, au lieu d'aimer la retraite et le silence, qui est le caractère de la vraie dévotion, aiment fort à courir de côté et d'autre, et à faire des visites mondaines et inutiles, n'ayant d'ailleurs aucun soin de l'éducation de leurs enfants, ni de l'instruction de leurs domestiques, sans avoir égard à ces paroles terribles de saint Paul : Quiconque n'a pas soin des siens, spécialement de ses domestiques, a renié la foi et est plus coupable devant Dieu qu'un infidèle'2.
Qui savent bien causer des matières de dévotion ; mais qui savent bien aussi détracter et s'entretenir des défauts de leur prochain, qui est une des plus certaines marques de la fausse dévotion.