PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE XXX .*iO
de Dieu, qui est la maison d'oraison ; là où néanmoins elles se donnent la licence de discourir et de causer, comme en un, lieu profane : ce qui fait voir qu'elles ont moins de religion, non seulement que les Turcs qui n'oseraient dire une seule parole, non pas même tout bas à l'oreille, dans leurs mosquées, mais encore que les démons qui tremblent en ces lieux-là devant la face de Dieu : Dn'mones credunl et contremis-cunt1.
Qui sont sans amour vers Dieu, sans respect et sans soumission vers les personnes qui leur tiennent la place de Dieu, sans charité vers leurs sœurs, sans humilité au regard d'elles-mêmes ; mais pleines d'indévotion, de désobéissance, de murmure, de médisance, d'orgueil, de présomption et d'amour-propre, ne cherchant en toutes choses que leur intérêt et leur satisfaction ; qui, enfin, au lieu d'employer le temps qui leur reste après les exercices de la religion, à faire quelque ouvrage pour Le service de Dieu et de l'Église, à l'imitation de la bienheureuse Vierge, le consomment ou en oisiveté, ou en vains et inutiles entretiens, ou en lectures profanes, ou à travailler en des choses vaines et inutiles, faisant des brasselets ou de certaines bourses qui ne servent qu'à la mondanité, ou en d'autres bagatelles semblables.
Dites-moi, mes chères Sœurs, ne savez-vous pas que toutes les choses qui sont dans un temple consacré à Dieu, ne doivent être employées que pour le service de Dieu et de l'Église, et que c'est une espèce de sacrilège de les appliquer à des usages profanes? Ne savez-vous pas aussi que vous êtes le temple du Dieu vivant, et que vos âmes et vos corps mêmes ont été consacrés à sa divine Majesté par le saint Baptême et par votre profession religieuse, et d'une consécration plus auguste et plus sainte que celle des temples matériels, puisque celle-ci ne s'est faite que par des prières et des cérémo-