‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 5)Chapitre 187 sur 303 · Luc. XVI · texte numérisé non relu

Luc. XVI

2. « Vae vobis divitibus, quia habetis consolationem vestram. » Luc. VI, 24.

3. « Quam difficile qui pecunias habent in regnum Dei intxabunt ! » Luc. XVIII, 24.

4. « Vae vobis qui ridetis nunc : quia iugebitis et flebitis. » Luc. VI, 25.

Et, au contraire, n'entendez vous pas ce qu'il dit à l'avantage de ceux qui sont dans la pauvreté et dans les croix : Bienheureux les pauvres, parce que le royaume des deux est à eux? Bienheureux ceux qui pleurent, d'autant qu'ils seront consolés'. Réjouissez-vous, dit-il, parlant par la bouche de son apôtre saint Jacques, dans les afflictions, les regardant comme le plus grand sujet de joie qui vous puisse arriver : Omne gaudium existimate, fratres mei, cum in lentationes varias inciderilis 2.

Toutes ces paroles du Fils de Dieu, jointes à l'exemple de ses actions, qui les a précédées, ne nous font elles pas voir clairement le chemin par lequel il veut que nous marchions pour aller au ciel, qui est le chemin de la croix, c'est-à-dire, des humiliations, des souffrances, et de l'abnégation de nous-mêmes et de toutes choses? Quiconque veut venir après moi, dit notre très adorable chef, qu'il renonce à soi-même, qu il porte sa croix et qu'il me suive*. Celui qui ne renonce point à toutes les choses qu'il possède, ne peut point être mon disciple 4.

C'est ici la voie que tous les Saints ont tenue. N'ont-ils pas eu les mêmes sentiments que le Saint des saints? N'ont-ils pas fui les honneurs, méprisé les richesses, abhorré les plaisirs? N'ont-ils pas fait profession d'aimer la pauvreté, le mépris, la mortification et l'abjection en toutes choses? N'oyez-vous pas saint Jérôme qui dit : Que notre religion ne sait ce que c'est de l'acception des personnes ; qu'elle ne regarde point la condition de la naissance des hommes, mais leurs âmes; qu'elle ne fait point de distinction entre le noble et le roturier, que par les

1. « Beati pauperes spiritu : quoniam ipsoruni est regnum cselorum. » Matth. V, 3. — « Beati qui lugent : quoniam ipsi consolabuntur. » Matth. V, 5.

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