‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 5)Chapitre 189 sur 303 · Lib. de Noe et Arc*, cap · texte numérisé non relu

Lib. de Noe et Arc*, cap

3. « Quod hominibus altuni est, abominatio est ante Deum. » Luc. XVI, 15.

cerdotale el royale1. Car saint Ambroise, sainl Augustin, saint Grégoire de Nazianze, saint Ililaire. saint Épiphane et plusieurs autres saints Docteurs assurent que la très sacrée Vierge est sortie de la race royale de David et de la tribu sacerdotale de Lévi, de laquelle sa mère sainte Anne était descendue, selon la lignée maternelle, quoique, selon la paternelle, elle fût de la race de David aussi bien que saint Joachim. Car, encore qu'il fût défendu aux tribus de faire alliance ensemble, il était permis pourtant de s'allier avec celle de Lévi, qui était la sacerdotale.

Il est vrai aussi ce que dit saint Bernardin de Sienne : Qu'il n'y a jamais eu et qu il n'y aura jamais dans tout le genre humain une créature si noble que notre royale Vierge et que toute la noblesse humaine et corporelle qui a été dans la race d'Adam est descendue en elle par plusieurs générations. Car, selon la généalogie de son fils Jésus, décrite par saint Matthieu, qui est aussi la sienne, elle compte dans sa lignée quatorze Patriarches, quatorze Rois et quatorze Ducs 2.

Mais d'où vient que Noire-Seigneur qui est venu en ce monde pour condamner et pour détruire l'orgueil et l'ambition des enfants d'Adam, et pour nous conduire au ciel par le chemin de l'humilité, a voulu que lui et sa sainte Mère soient nés d'une extraction si illustre et si glorieuse, même devant les hommes? Il l'a voulu pour plusieurs

1. « Gregorius Nazianzenus et Auguslinus dicunt quod hoc nvtu superno coniigit, ut regium genus sacerdotali stir/>i jungeretur, ut Chiistus, qui rex est et sacerdos, ab utrisque nascretur secundum carne ni ». S. Thoru., Sum. tbeol. 3, 31, 2 ad 2. Cf. Lépiiier, Tract. de D. V. Maria., p. 2, c. 2, a. 1.

2. « Fuit beata Virgo nobilius individuum, seu nobilior creotura omnibus individuis seu creaturis quae in bumana nalura fuerunt, aut possiint, aut potuerunt generari. liquidera Matth. cap. 1 in fine... desciibit eam fuisse notam de 14 patriarchis, de 14 regibus, et de 14 ducibus. » D. Bern. Senens. Sertn. de i\'at. R. cap. 1. Cf. Vega. Theol. Mar. n. 919 ; Lépicier, 1. c, n. 6.

3J i l'ekfamce admirable

grandes raisons, entre lesquelles j'en remarque cinq principales.

La première est, parce qu'il était convenable que notre Rédempteur, qui devait être prêtre et roi tout ensemble, et venir au monde pour faire tous ses enfants prêtres et rois : Fecistinos Deo noslroreges et sacerdotes* , prît naissance de la tribu royale et de la tribu sacerdotale.

La seconde raison pour laquelle notre Sauveur veut naître d'une race royale et glorieuse, même selon le monde, est afin d'humilier en sa personne le faste et la superbe de la naissance humaine, et ce que le monde a de plus illustre et de plus éclatant, qui est la dignité royale, laquelle ne peut pas être plus humiliée et confondue qu'elle l'a été dans les opprobres et ignominies de la passion et de la croix du Fils de Dieu;

La troisième raison est pour porter lui-même une plus grande confusion et humiliation. Car, plus celui qui est abaissé était élevé auparavant, plus son abaissement lui est honteux et ignominieux. C'est une grande confusion à un homme de basse extraction , de mourir dans un gibet ; mais c'est une très grande ignominie au Fils d'un grand roi, au Fils de David, de finir sa vie sur une croix, au milieu des larrons et des scélérats.

La quatrième raison est pour montrer qu'il est venu en ce monde non pas seulement pour le salut des petits et des pauvres, mais aussi pour sauver les grands, les princes et les rois; et que son immense charité embrasse tous les hommes, de quelque qualité et condition qu'ils soient, et qu'elle n'exclut aucun de l'espérance du ciel, pourvu qu'on veuille coopérer avec elle, employant les moyens nécessaires pour y parvenir.

Il a voulu naître pauvre, vivre pauvre, mourir pauvre: avoir pour Mère une pauvre fille, et pour père nourricier un pauvre charpentier ; être envoyé de son Père éternel

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