‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 5)Chapitre 198 sur 303 · Eccli. XXXV · texte numérisé non relu

Eccli. XXXV

2. « Ipse Filius meus prius me dilexit, quam ego eum, quia Creator meus est. Ipse conjugium patris mei et matris tanta castitate conjunxit, ut tune non inveniretur castius conjugium, et nunquam convenire vellent, nisi juxta legem soluinmodo causa susci-

.'{.'{2 l'enfance admirable

» Mon Fils, lui dit-elle, m'a aimée avant que je l'ai- » masse, parce qu'il est mon Créateur. lia rendu le ma- '■> riage de mon père et de ma mère si pur et si chaste, » que c'était le plus saint mariage qui fût pour lors dans » le monde. Car ils ne voulaient point vivre ensemble » comme personnes mariées, sinon conformément à la » fin pour laquelle Dieu a établi le mariage, qui est « pour lui donner des enfants qui le servent en la terre, » et qui le bénissent éternellement dans le ciel. Et » lorsque l'Ange leur eut annoncé de la part de Dieu, » qu'il leur donnerait une Fille quL, demeurant toujours »> vierge, serait là Mère du Sauveur du monde, ils au- » raient mieux aimé mourir, que d'user du mariage par » le motif de l'amour sensuel, qui était mort en eux. Ils » n'y furent obligés que par le commandement du ciel. » et contre leur inclination ; car l'amour divin eut sur » eux un pouvoir que l'amour charnel n'y aurait jamais » eu. De sorte que mon corps a été formé, non point » par la volonté de la chair, mais par l'instinct de la » divine charité. »

C'est ainsi que notre bienheureuse Enfant est le fruit merveilleux des prières, des larmes, des mortifications et des saintes actions de saint Joachim et de sainte Anne.

Voulez-vous, mon très cher frère, participer à cette faveur très signalée que Dieu leur a faite ? voulez-vous que la tout aimable Fille de Joachim et d'Anne, qui est déjà votre sœur et votre mère, soit aussi votre fille, comme son Fils Jésus veut bien être votre fils, puisqu'il déclare que celui qui fait la volonté de son Père est son frère, sa sœur et sa mère ? Travaillez par la ferveur de

tandi prolem. Et oum sibi nuntiatum esset ab Angelo quod Virginem parèrent unde salus mundi proeederet, rnagis voluissent mori quam carnali amore convenire, et voluptas in eis mortua erat. Tamen ex charitate divina et ex verbo Angeli nuntiantis convenerunt carne, non ex concupiscentia aliqua voluptatis, sed contra voluntatem suam ex divina dilectione. » Revel. lib. 1, cap. 9.

vos prières, par la vertu de vos instructions et par le sainl exemple de votre vie et de vos actions, à faire naître et vivre son Fils Jésus dans les cœurs et dans les âmes où il est mort, qui sont en très grand nombre. \ Car là où le Fils est mort, la Mère y est morte aussi ; et là où vous ferez naître et vivre le Fils, vous y ferez aussi naître et vivre la Mère ; et le Fils et la Mère seront le fruit de vos prières et de vos travaux. Et, comme vous pourrez dire au Fils, selon le grand Gerson : Filins meus esju, ego hodie qenui te1 : « Vous êtes mon Fils, aujourd'hui je vous ai donné naissance » dans une âme en laquelle vous n'aviez point de vie : vous pourrez aussi dire la même chose à la Mère. Et tous les Anges avec tous les Saints vous regarderont, vous honoreront et vous aimeront éternellement comme le père ou la mère de leur Roi et de leur Reine.

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