‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 5)Chapitre 203 sur 303 · Office de la Nat. delà B. Vierge, Répons de la 6e leçon · texte numérisé non relu

Office de la Nat. delà B. Vierge, Répons de la 6e leçon

2. « Vere, filia, dico tibi quod Nativitas mea initium fuit veroium gaudiorum. » Revel. lib. fi, cap. 56.

3. « Cum autem anima sanctificaretur et corpori meo conjungeretur, tanta matri mese advenit laetitia. ut impossibile esset dictu. > llcvel. lib. 1, cap. 9.

bienheureuse âme fut sanctifiée et unie ù son corps, sa mère sainte Anne fut remplie d'une si grande joie, qu'il serait impossible de l'exprimer. Si la joie de sainte Anne l'ut si grande en la conception de cette merveilleuse Enfant, qu'elle fut sa réjouissance et celle de saint Joachim en sa naissance ?

Mais voulez-vous savoir quelle est la joie du Créateur et de toutes les créatures en cette admirable naissance? Ecoutez ce que la glorieuse Vierge a dit sur ce sujet à sainte Mechtilde, dont les livres sont tant loués et recommandés par un grand nombre de Docteurs très signalés. Cette sainte, cherchant quelque moyen pour honorer notre sainte Enfant en la fête de sa Naissance, elle lui parla en cette façon ' : « Réjouissez-vous avec moi, ma fille, et » nVoffrez la joie que je possède maintenant, dans la vue » et dans la connaissance que j'ai de la joie ineffable que » la très glorieuse Trinité a eue sur mon sujet, et de la » divine complaisance qu'elle a prise en moi de toute » éternité, spécialement en la vue de ma naissance, qui » l'a comblée d'un si grand contentement, que l'abon- » dance de sa joie se débordant dans le ciel, dans la terre » et sur toutes les créatures, elles se trouvèrent toutes » pleines de consolation, sans savoir d'où elle procédait. » Car, comme un excellent ouvrier qui a dessein de faire » un chef-d'œuvre, prend un grand plaisir à y penser et

1. « Admone me gaudii quo nunc gaudeo, ex eo quod video et agnosco gaudium bealissimae Trinitatis, quod habuit de me ex pla rentia qua sibi in me complacuit ab xterno ; specialiter in mea nativitate tantum exultavit, ut ex abundantia sui gaudii ca?lum et terra, et omnis creatura, licet causam nesciens, tamen exultaret. Sicut enim artil'ex, qui mirificum opus lacère decrevit, magno studio praemeditatur. et in delectatione cordis sui praeimaginatur : sic veneranda Trinitas delectabatur et gaudebat, quia me talem imaginem facere volebat. in qua totius sapientiae et bonitatis suae artificium elegantissinie appareret. Insuper sciebat opus suuin in me nunquam depravari. In tanta denique jucunditate et exultatione nativitatem et infantiam meam dignata est prœvidere, ut omnis actus pueritia» mea? coram eo delectabilis ludus videretur, juxta illud : Ludens coram eo omni temporc. » Liber specialis gratise, part. 1, cap. 29.

S44 L'ENFANCE Al'lHIiAHLK

• à former dans son esprit les idées de son ouvrage, ainsi > la très adorable Trinité a pris un singulier contenteo ment dans le projet qu'elle a formé en son cœur de » l'œuvre admirable qu'elle désirait faire en moi, tant » parce qu'elle y voulait imprimer une très belle et très » parfaite image de sa puissance infinie, de son immense » sagesse et de sa bonté incompréhensible, que d'autant >> qu'elle savait bien que son œuvre ne souffrirait jamais » en moi aucun déchet, mais qu'il y recevrait toujours de » nouvelles perfections , jusqu'à ce qu'il fût arrivé au \> dernier point de sa consommation. Enfin, elle a pris » tant de complaisance, de toute éternité, en la vue de » ma naissance et de mon-enfance, que toutes les actions » de mon enfance étaient comme un jeu très agréable •> devant sa divine Majesté ; et c'est ce qui est marque » par ces paroles : Ludens coram eo omni tempore 1.

0 très aimable Enfant, que mon cœur a de joie de vous voir tant aimée de Dieu, auparavant même que vous soyez née ; que, comme vous êtes de toute éternité le premier objet de son amour, entre les pures créatures, vous êtes aussi le plus grand sujet de sa joie. Ce n'est pas merveille si vous êtes l'amour, la joie et les délices du ciel et de la terre, puisque vous êtes l'amour, la joie et les délices de celui qui a créé la terre et le ciel. Ce n'est pas merveille si votre présence comble les cœurs de tous les habitants du ciel d'une joie inénarrable, puisque la prévoyance que Dieu a devant tous les siècles, .de votre naissance et de votre enfance, lui donne tant de contentement. Ce n'est pas merveille si vous remplissez les cœurs de ceux qui vous aiment ici-bas, parmi les misères de la terre, d'une certaine allégresse qui ne se peut exprimer, et qui est telle qu'il leur suffit de penser à vous pour être toujours joyeux et contents; puisque la seule idée que la très sainte Trinité a eue, de toute éter-

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