Lib. 2, de Emmanuel. — 3. In Cant. cap
4. « Natura accessit mox cum suis ancillis, quae sunt influentiae et causœ naturales, se offerens ad formationem hujus Dominse et pulchrse Dei amicae, et coram divina majestate admodum bumiliter rêve-
.')■")(! l'enfance admirable
« Un certain éclat de beauté surnaturelle, dit Denys le Chartreux, rayonnait sur son visage, qui la rendait autant admirable qu'aimable, mais qui était si brillant, qu'il était nécessaire que Dieu le tempérât, atin qu'elle put converser avec les bommes1. » De quoi il ne faut pas s'étonner, puisque la face de Moïse, après avoir traité avec Dieu sur la montagne, paraissait si lumineuse, que le peuple n'en pouvant souffrir l'éclat, il fût obligé de la couvrir d'un voile.
De là vient que, pendant que cette admirable Vierge était en la terre, les chrétiens venaient de tous côtés, selon le témoignage de saint Ignace martyr*, pour voir la face merveilleuse de ce prodige de beauté et de sainteté.
« 0 divine Vierge », c'est saint Anselme qui parle. » votre beauté est si rare, qu'il semble que vous ne soyez » faite que pour être regardée et admirée. 0 Vierge uni- » quement admirable et admirablement u»nique ! » 0 pulclira ad videndum ! o admirabilis ad conlemplandum .r o Virgo mirabiliter singularis et singulariter mirabilis2 !
renterque se inclinavit... Hoc tibi notuni sit nec me nec ancillns mens ulla useras fictione. quominus omnia demus, et plantemus in hac Domina omnem corporalem pulchritudinem... tëxpandam et inspirabo per faciem ejus luciditatern : quamdam pulchritudinem. dulcedinem plenaui s i m pli ci ta ti s, honoris et benignitatis. Et taliter componam c;i?tuin ejus aspectum, dicta sua, facta et mores, quod omnibus eam aspicientibus erit exemplar, liber et spéculum pulchritudinis. nobilitatis, boni amqris et honestatis .. » Gerson, Serm. de Concept. IJ. Vire.
1. « Utique certum prorsus est excellentissimam illam gratis mentis sua; plenitudinem in corpus redundasse, praesertim in vultu resplenduisse... Verumtamen moderalione divina reor radiationem hujusmodi fuisse temperatam, ut oonyersationi hominum fuisset portabilis. » Dyon. Cart. De prseconio et dignitate Marier, lib. 1, art. iO ; De laudib. B. V. lib. 1, art. 36.
'J.. « Sunt hic multa? de mulieribus. Mnriam Jesu videre cujiientes, et quotidie a nobis ad vos discurrere volentes... Haec talia excitaverunt viscera nostra, et cogunt valde desiderare aspectum hujus (si faa est l'ari c*lestis prodigii et sacratissimi spectaculi. » Ep. 1 ad Joan. Les lettres de saint Ignace à saint Jean l'Evangéliste. que l'on trouve au commencement de la Bibliotheca veterum Patrum^ sont aujourd'hui regardées comme apocryphes.
."!. Lib. oral.
SECONDE PARTIE. — CHAPITRE \ Il 'M'>~i
« 0 beauté la plus ravissante de toutes les beautés ! s'écrie le bienheureux George, archevêque de Nicomédie : O Mère de Dieu , l'ornement nonpareil de toutes les beautés ! 0 pulcherrima pulchritudo omnium pulchritudinum ! 0 Dei Genitrix, pulchrorum omnium summum ornamentum1 !
Enfin, cette beauté, tant du corps que de l'âme, est si admirable, dit saint Bernard, qu'elle est l'objet de l'admiration, non pas seulement des Anges, mais même du Roi des Anges, et qu'elle ravit son cœur. Car le souverain Monarque de l'univers, jetant ses yeux divins sur ia beauté et corporelle et spirituelle de cette Reine des Vierges, il en parle en des termes de ravissement. Quàm pulchra es, ce dit-il, arnica, mea, quàm pulchra es2 ! « Que votre beauté est merveilleuse, ô ma bien-aimée ! que votre beauté est ravissante ! » Il dit deux fois : Quam pulchra es, pour marquer la beauté du corps et la beauté de l'âme. Jugez quelle est cette beauté qui mérite d'être l'objet des admirations d'un Dieu, et de ravir son cœur, selon ces paroles du Saint-Esprit : Concupiscet rex décorent tuum* : « Votre beauté ravira le cœur et les affections du Roi des rois. »
Mais remarquez, avec saint Ambroise, saint Thomas et les autres théologiens, que c'est un privilège de cette beauté incomparable de la Reine des Anges, que tant s'en faut qu'elle donnât jamais occasion d'aucune pensée ou sentiment opposé à la pureté, qu'au contraire elle imprimait l'amour de la chasteté dans les cœurs de ceux qui la voyaient4.
Voici encore un autre privilège du très pur corps de