‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 5)Chapitre 212 sur 303 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

La huitième Excellence de la sainte Enfance de la bienheureuse Vierge, qui est la lumière et la science dont elle a été remplie.

C'est une chose très dangereuse que la science humaine qui s'acquiert par la force ou le travail de l'esprit humain, ou par la lecture des livres, ou par quelque autre moyen, quand elle n'est pas jointe avec une véritable humilité. Ce n'est pas une lumière qui éclaire l'esprit ; mais c'est une nuit obscure qui le remplit de ténèbres. C'est un venin qui enfle le coeur, et qui le fait crever et mourir d'une mort très funeste : Scientia inflat*. C'est le fiel du dragon infernal dont il a empoisonné le premier homme et toute sa postérité, lorsqu'il lui a dit : Si vous mangez de ce fruit duquel Dieu vous a défendu de manger, vous deviendrez savants comme des Dieux, vous connaîtrez tout, et le bien et le mal : Eritis sicut DU, scientes bonum et malum-. C'est un poignard entre les mains d'un frénétique, dont il se sert pour poignarder tous ceux qu'il peut attraper, et pour se tuer soi-même. C'est une peste qui fait d'étranges ravages dans la maison même de Dieu, qui est son Église, car c'est la mère et la source des schismes, des hérésies, des apostasies et des innombrables malheurs qu'elles traînent après elle. C'est une flèche empoisonnée avec laquelle le monstre de l'hérésie fait périr un nombre infini d'àmes misérables. C'est ce qui a perdu les Arius, les Nestorius, les Eutichès, les Luther, les Calvin, et quantité d'autres semblables hérésiarques, qui ont fait et font continuellement une guerre si sanglante à l'Église, qu'on

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