Sermo de Axsumpt. — 2. Sertno de Nat
3. In Salut. Deiparœ. — « Maria Dei Genitiix didicit Hebraicas litteras ». S. Anselm. in Vita Vira. — « Adhuc in setate juvenili omnes libros prophetiales, sapientiales et totum vêtus Testamentum perfecte scivit. » S. Epiphan. apud Pelbart. in Steltario, lib 5, p. 3, a. 2, c. 3.
4. «Revolve, Maria, propheticam lectionem ; neque enim te scientia divinorum potest praeterire Librorum, quœ ipsam plenitudinem paritura es Prophetarum. » Serm. 5 de Xativ.
et animait parfaitement, remplissait continuellement son esprit et son Cœur?
Outre cela, souvenez-vous de ce qui a été dit ci-dessus, au chapitre huitième de la première partie de ce livre, que plusieurs Docteurs signalés tiennent que cette divine Enfant a été si remplie de lumière dès le premier moment de sa vie, qu'elle a vu la face de Dieu.
Après toutes ces choses, pensez, si cela se peut penser, quels progrès elle a faits dans les voies de la science et de la sagesse du ciel durant tout le cours de son Enfance. Et si son Enfance a été ainsi éclairée, que faut-il dire du reste d3 sa vie ? Pour comprendre beaucoup en peu de paroles, il faut dire que c'est la Mère du Soleil éternel ; que c'est une étoile qui a produit un soleil ; que c'est un second soleil, electa ut sol*, qui éclaire les hommes et les Anges ; que c'est cette Femme admirable de l'Apocalypse, qui a la lune sous ses pieds, qui porte une couronne de douze étoiles et qui est revêtue du soleil, c'est-à-dire : qui est élevée par-dessus toutes les lumières et les sciences de ce monde ; qui est couronnée de toutes les clartés des Anges et des Saints, mais avec une telle éminence qu'elles s'évanouissent devant elle comme les étoiles disparaissent devant le soleil ; qui est environnée et revêtue du soleil même de la Divinité, et qui a conçu et enfanté celui qui est la lumière du monde ; qui a fait naître dans son Cœur, dès le premier instant de sa vie. et qui a toujours porté dans ce même Cœur durant son Enfance et durant le reste de sa vie, et portera éternellement celui qui contient en soi tous les trésors de la science et de la sagesse de Dieu : In quo sunt omnes thesauri sapientuv et scienlife Dei2.
11 ne faut pas s'étonner, ensuite de cela, si cette Vierge incomparable est appelée par saint Jean Damascène, « la fontaine éternelle de la véritable lumière a » ; et par
i. Cunt. VI, 9. — "2. Co/oss. II. —3. Orat. de Dorm. Virg.
saint Grégoire le Grand, « la Maîtresse de tous les Docteurs1 »; et par saint Jean Damascène, « un trésor de sagesse2 » ; et si saint Bernard nous assure qu'elle a pénétré jusques au plus profond des abîmes de la divin<- Sagesse : Profundissimam Dei sapientiée penetravit alnjssum* ; et qu'elle a été plongée et absorbée dans la lumière inaccessible de la Divinité : Luce Mi inaccrssibil/ videlur immersa*.
0 divine Marie, ce n'est pas sans raison que Dieu vous a donné ce glorieux nom de Marie, qui veut dire illuminée, illuminatrice et illuminante. 11 s'appelle le Père des lumières et le Seigneur des sciences : Deus seientiarum Dominus5., et il veut vous associer avec lui dans ces divines qualités, il veut que vous soyez la Mère des célestes lumières, et la Maîtresse des saintes sciences : dont il soit béni, loué et glorifié éternellement. Faites-nous donc participants, s'il vous plaît, de vos sacrées lumières et de votre divine science. Gardez-nous de la science pernicieuse qui enfle le cœur et qui empoisonne l'àme ; de cette science damnable, qui est la fille de l'orgueil, la sœur de la présomption, la nourrice de la curiosité, l'âme de l'arrogance, la mère de l'impiété et de l'apostasie, et la cause de la rébellion contre Dieu et contre son Église. Rendez-nous savants de la science de salut, delà science des Saints, de cette belle et désirable science qui est la fille de la charité, la mère de l'humilité, la sœur de la soumission, la compagne inséparable de la piété : Spiritus scientise et pietatis*, le cœur de la sainteté, et la nourrice de toutes les vertus.
J'entends l'un de vos plus chers enfants, saint Bernard, qui dit qu'il y a cinq sortes de personnes qui veulent savoir. Premièrement, il y en a qui veulent savoir seu-
1. Ilomil in Evans;. — 2. Orat. de Dorm. Virg. 3. Sermo in Signum magnum. — 4. Ibid.