In Spec., cap
378 i. 'enfance admirable
doivent être mesurées. C'est pourquoi la très haute émiuence de ces grâces et la dignité immense de Mère de Dieu sont ineffables et inconcevables.
Mais souvenez-vous, mon très cher frère, de ce quia déjà été dit ci-dessus, à savoir delà très grande part que vous avez en toutes ces grâces et faveurs dont Dieu a honoré cette très digne Enfant. Souvenez-vous qu'il ne lui a pas donné tous ces trésors pour elle seulement, mais pour vous aussi, et pour tous les hommes. Car il l'a ornée de I ous ces dons et privilèges pour la préparer, par ce moyen, au très sublime état de la divine Maternité, pour la rendre digne de vous donner un Rédempteur, et de coopérer avec lui au grand œuvre de votre rédemption, et pour vous donner une Mère assez puissante, assez sage et assez bonne pour pouvoir, pour savoir et pour vouloir vous protéger, assister et favoriser en tous vos besoins. C'est pourquoi vous êtes obligé doublement de rendre grâces à Dieu de toutes les faveurs qu'il lui a faites : premièrement, pour la considération du seul intérêt de cette aimable Enfant, sans y regarder le vôtre; secondement, pour la part très singulière que vous avez à tous les dons que la divine Bonté lui a communiqués.
Grâces immortelles et infinies vous soient rendues pour l'un et pour l'autre, ù très sainte Trinité! Que tous les Anges, tous les Saints et toutes les créatures vous en bénissent et glorifient incessamment et éternellement.
0 admirable Enfant, que j'ai de joie de vous voir si pleine de bénédictions! Certainement, si j'avais toutes les grâces que Dieu a versées dans votre âme durant le temps de votre sainte Enfance et pendant le reste de votre vie, et que vous ne les eussiez pas, je voudrais de tout mon cœur m'en dépouiller pour vous les donner. 0 Mère de grâce, vous voyez le mauvais usage que j'ai fait de tant de grâces que j'ai reçues de votre Fils, par votre entremise, en mon enfance et en toute ma vie. et l'empêche-
SECONDE lJAHÏIE. — CHAPITRE M 379
ment que j'ai apporté à celles qu'il avait dessein de me donner. Priez-le, s'il vous plaît , qu'il me le pardonne ; offrez-lui tout le saint usage que vous avez fait de celles qu'il vous a communiquées, en réparation de mes manquements ; conservez en mon àmc celles qui y sont. Faites enfin que je meure en la grâce et en l'amour de mon Dieu, afin que je le bénisse, que je l'aime et que je le glorifie avec vous, avec tous ses Anges et tous ses Saintsdans la bienheureuse éternité.