‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 5)Chapitre 220 sur 303 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

La dixième Excellence de la bénite Enfance de la bienheureuse Vierge, qui est la sainteté et la perfection merveilleuse de cette même Enfance.

/ vUi dit sainteté et perfection dans une àme chrétienne- VJ dit trois choses principales : premièrement, séparation et éloignement du péché ; secondement, dégagement du monde, de soi-même et de tout ce qui n'est point Dieu ; troisièmement, union très étroite avec Dieu par la grâce sanctifiante, par la foi, par l'amour et par la pratique des autres vertus. De sorte que, plus un chrétien est éloigné du péché, détaché du monde, de soi-même et de toutes choses, et uni à son Dieu par les moyens précédents, plus il a de sainteté et de perfection.

Cela étant ainsi, je puis dire avec vérité que notre incomparable Enfant est ornée d'une perfection et d'une sainteté si admirable, que non seulement elle est plus parfaite et plus sainte, dès le premier moment de sa vie, que le premier de tous les Saints et le plus saint de tousles Anges, ainsi que je l'ai dit ci-dessus en plusieurs endroits de ce livre; mais même j'ose dire, après plusieurs

grands théologiens ', qu'elle a plus de sainteté dès ce premier instant que tous les Anges et tous les Saints ensemble. En voici les preuves.

Premièrement, le Docteur angélique nous déclare s que le Fils de Dieu l'ayant choisie dès le commencement de sa vie pour être sa Mère, elle a été douée dès lors d'une excellence, et élevée à une dignité qui surpassait toutes les excellences et dignités de tous les Anges et de tous les Saints. Ce qui est conforme à ces paroles de saint Jean Damascène qu'il a dites au jour de la Naissance de notre sainte Enfant, et qui se peuvent dire aussi au jour de sa Conception : Aujourd'hui la très illustre montagne de D'ipu est enfantée; cette montagne, dis-je. qui est élevée par-dessus toutes les collines et toutes les montagnes,' c'est-à-dire qui surpasse en dignité et en excellence tout ce qu'il y a d>' plus digne et de plus noble dans tous les hommes et dans tous les A ngrs '.

Secondement, le même saint Thomas dit qu'ayant été choisie du Fils de Dieu, dès le commencement de sa vie.

1. Vega, Theol. Mar.( n. 1158. Cette opinion a été également enseignée par Gontenson, Theol. mentis et cordis, L. X, D. 6, c. 1 : et, plus récemment par S. Alphonse de Liguori, Gloires de Marie, P. 2, dise. 2 sur la Nativité. Toutefois, d'autres théologiens la trouvent insuffisamment fondée. Cf. Lépicier, Tractatus de B. V. Maria, p 1. c. 1, a. 4, n. 10.

Page 1