‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 5)Chapitre 222 sur 303 · Epist · texte numérisé non relu

Epist

:{82 l'enfance admirable

un plus parfait dégagement du monde, d'elle-même et de toutes choses, une plus intime union avec Dieu, un plus ardent amour pour lui, et, par conséquent, une plus grande sainteté que tous les Anges et tous les Saints ensemble. €ar il est certain que là où la grâce est plus abondante, le péché en est plus éloigné, le détachement de la créature y est plus parfait, et l'attachement au Créateur y est pins étroit.

Que si elle a été plus simple et plus parfaite dès ce moment, que tous les Anges et tous les Saints ensemble, jugez à quel point de perfection et de sainteté elle est parvenue par une infinité d'actes de foi, d'espérance, de charité, de religion, d'humilité, d'obéissance, et de toutes les autres vertus qu'elle a exercées si parfaitement durant le cours des douze années de son Enfanee, puisque, comme il a été dit ci-dessus , sa grâce doublait de moment en moment, et qu'elle faisait toutes ses actions selon toute l'étendue de la grâce qui était en elle, et par un très pur et très ardent amour vers Dieu.

Si saint Bernard assure qu'elle a été plus aimée de Dieu, dès le moment de sa Conception, que tous les autres Saints, je puis dire aussi qu'elle a plus aimé Dieu dès lors que tous les autres Saints ; et on n'en peut pas douter, puisqu'elle l'a aimé selon toute la force de la grâce qui était en elle, qui surpassait toutes les grâces de tous les Saints.

De là vient que je n'ai pas de peine à croire ce que dit un illustre théologien \ que cette aimable Enfant rendait plus de gloire à Dieu par ses actions enfantines, que les plus grands Saints ne lui en ont rendu par les actes de vertu les plus héroïques qu'ils aient exercés ; qu'elle honorait plus Dieu, reposant dans son petit berceau, que saint Laurent souffrant les tourments qu'il a endurés sur son gril ; qu'elle était plus agréable à sa divine Majesté,

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