‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 5)Chapitre 226 sur 303 · Prov. VIII · texte numérisé non relu

Prov. VIII

premier moment de sa vie, pour être sa Fille aînée, roire sa Fille unique, en la manière qui a été dite ci dessus1, et pour être conséquemment l'héritière universelle de

tous ses rlats? Or, tous les Jurisconsultes assurent qu'encore que le fils d'un roi n'ait pas l'administration du royaume de son père pendant qu'il est en vie, il ne laisse pas de participer à l'honneur de la dignité royale, par le droit certain et constant qu'il a sur les états de son père. Concluez donc que notre sainte Enfant ayant été choisie du Père éternel, dès le moment de sa conception, et même avant tous les siècles, pour être sa Fille et son héritière d'une manière très éminente et très singulière, elle est entrée dès lors dans tous les droits qu'il a luimême sur son empire, comme un enfant qui est encore en bas âge est le maître et le seigneur légitime de tous les biens de son père, quoiqu'il n'en ait non plus l'usage qu'un serviteur, selon ces paroles de saint Paul : Quêtante tempore hxres parvulus est, niliil differt a servo, cum sit dominus omnium*.

Davantage, le Fils de Dieu ne l'a-t-il pas élue, dès le moment de sa conception, pour être sa véritable Mère, et pour l'associer avec lui dans sa divine royauté et dans tous les droits qu'il a sur le royaume éternel que son Père lui a donné ? Ce qui fait dire à saint Pierre Chrysologue qu'elle porte le nom et la qualité de Souveraine dès sa naissance, par l'ordre et par l'autorité de celui dont elle devait être la Mère : Banc nasci et voeari Dominam ipsa gui germinis fecil cl imperavil auctoritas 3 ; c'est-à-dire, que la puissance et la majesté de celui qu'elle devait un jour enfanter est si grande, qu'il a honoré sa Mère du titre et des droits de la royauté, non seulement lorsqu'il s'est incarné en elle, mais même dès le commencement de sa vie.

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