Cf. de Vega, Theol. Mar. n. 195 et
■2. Voir ci-devant, Part. I, chap. 18, page 208. — 3. Serm. 146.
un peut dire qu'elle l'est'aussi corporellement , parce qu'elle n'était encore, scion la commune opinion des saints Docteurs, que dans sa quatorzième année, quand
elle a conçu le Fils de Dieu, qui est un âge d'enfance. Car, si l'Écriture sainte, parlant de Joseph âgé de seize ans, dit qu'il était eneore enfant : Adhuc puer1, ne peuton pas dire que notre divine Marie, n'ayant pas quatorze ans accomplis, était encore dans le temps de son Enfance?
Quoi que c'en soit, on peut dire véritablement que tout le temps de sa sainte Enfance a été employé pour la préparer à être Mère de Dieu et pour la rendre digne de la divine Maternité; et qu'elle s'est disposée durant tout ce temps, sans le savoir, par tous les saints exercices qu'elle a faits et par toutes les vertus qu'elle a pratiquées en souverain degré, à former et faire naître le Fils de Dieu dans ses bénites entrailles, et qu'elle l'y a formé en effet à la fin de son Enfance. A raison de quoi on peut dire certainement que cet adorable Jésus est le fruit de la divine Enfance de Marie, c'est-à-dire le fruit de l'amour, de la charité, de l'humilité, de l'obéissance, de la pureté et des autres vertus de cette très sainte Enfant.
Après cela, ne vous étonnez pas si la sainte Eglise, regardant la très sacrée Vierge dans son Enfance, en la fête de sa Conception et de sa Naissance, la salue et l'honore, au commencement de la sainte Messe, comme Mère du souverain Monarque de l'univers : Salve, sancta Pcwens, ce dit-elle, enixa puerpera Regem, qui cselum terromguo régit : « Je vous salue, ô sainte Mère, qui avez enfanté le Roi du ciel et de la terre. »
C'est ainsi que cette admirable Enfant porte la qualité de Mère, et de Mère de Dieu, et en trois manières, dans l'état de son Enfance, et qu'elle commence dès lors à être ornée des grâces, des droits et des privilèges qui appartiennent à cette merveilleuse qualité.