‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 5)Chapitre 235 sur 303 · C.en. XXXVII · texte numérisé non relu

C.en. XXXVII

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Mais, outre cela, elle porté encore la qualité de Mère des calants de Dieu. Car, premièrement, Dieu l'ayant créée pour être, avec son Fils, la réparatrice de la prévarication d'Eve, il l'a mise en sa place dès le commencement de sa vie, et il lui a donné la qualité de Mère des vivants, qu'Eve avait perdue par son péché, avec tous les droits, honneurs et avantages de cette qualité.

Secondement, le Père éternel l'ayant élue, des le moment de sa conception, voire de toute éternité, pour être la Mère de son Fils, il l'a choisie aussi pour être la Mère de tous ses enfants, qui sont les membres de son Fils. Et comme il a commencé dès lors à la rendre participante de sa divine paternité, par laquelle il est Père de son Fils Jésus et de tous ses vrais membres, qui sont les vrais chrétiens : il a commencé aussi à lui communiquer l'amour paternel et infini qu'il a pour ce Fils bienaimé et pour tous ses autres entants.

Et comme ce même Fils est vivant dans le Cœur de cette divine Mère, dès le premier moment de sa vie, et que dès lors nous sommes tous présents devant ses yeux, et qu'il nous regarde et nous aime comme ses membres et ses frères, et comme les enfants de sa très sainte Mère : il imprime aussi dans son Cœur une participation de l'amour incompréhensible qu'il a pour nous. De sorte que. quoique cette sainte Enfant ne sache pas qu'elle est destinée de Dieu pour être notre Mère, son Cœur néanmoins est rempli d'un amour vraiment maternel, c'està-dire tendre, ardent et cordial au regard de tous les hommes.

C'est par cet amour qu'elle a commencé à nous porter dans son Cœur aussitôt qu'elle a commencé h y porter notre très adorable chef. C'est par cet amour qu'elle nous a portés avec lui dans ses entrailles maternelles. C'est par cet amour qu'elle nous a enfantés sur le Calvaire avec des douleurs inconcevables. C'est par cet amour qu'elle nous fait manger tous les jours à la table de son

Fils et à la sienne, là où elle nous l'ail un festin magnifique ae sa propre chair e1 <l<v son propre sang, puisque, selon saint Augustin, la chair et le sang de Jésus esl la chair et le sang de Marie C'esl par eet amour, en lin, qu'elle nous porte continuellement et qu'elle nous portera éternellement, avec son Fils Jésus, dans son Cœur maternel, comme la meilleure Mère qui fui ni qui sera jamais.

C'est à nous aussi à la regarder et révérer comme notre Véritable et très bonne Mère, et à lui rendre tous les devoirs d'honneur, de respect, d'obéissance et d'amour oui sont dus à une telle Mère, et surtout de nous efforcer de l'imiter en sa vie et en ses vertus, afin que les enfants aient quelque ressemblance avec leur Mère.

0 Père des miséricordes et Dieu de toute consolation, que nous sommes obligés à votre immense bonté de nous avoir donné votre Fille bien-aimée, la Mère de votre Fils, l'Épouse de votre Saint Esprit, et de nous l'avoir donnée en qualité de Mère !

N'était-ce pas assez d'honneur et de faveur pour nous qu'elle fût notre Dame et notre Reine ? C'était trop de giàce pour des ingrats et perfides comme nous sommes. Et cependant cela ne suffit pas à votre infinie charité ; mais vous nous la donnez en la qualité la plus honorable et la plus avantageuse pour nous qui puisse être, c'està-dire en la qualité de Mère, et de Mère que vous avez rendue toute bonne, toute sage et toute-puissante : afin qu'elle veuille, qu'elle sache et qu'elle puisse exercer' vers ses enfants tous les offices de mère en la manière la plus parlai le et la plus utile pour eux qui puisse être ; dont vous soyez béni, loué et glorifié éternellement par tous les Anges, par tous les Saints, par toutes les créatures et par toutes les vertus et perfections de votre divinité : Benedicite omnes ri, iules Domini Domino1.

t. Daniel, III, Cl.

iUG l'enfance admusàble

0 Jésus, Fils unique de Dieu, Fils unique de Marie, puisqu'il a plu à votre inconcevable bonté de nous associer avec vous dans votre qualité de Fils de Dieu et de Fils de Marie, afin que nous n'ayons qu'un même Père et une même Mère avec vous : faites-nous participants aussi de l'amour filial et indicible que vous avez pour un tel Père et pour une telle Mère, afin que nous les aimions et honorions avec vous comme vous les aimez et honorez.

Yoici une autre chose qui est encore très avantageuse et pleine de consolation pour nous. C'est que notre divine Mère a un très grand désir de nous associer avec elle dans sa divine Maternité, par laquelle elle est Mère de Jésus, afin que ces paroles de son Fils s'accomplissent au regard de nous : Quiconque fait la volonté de mon Père, celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère'. Comment cela se peut-il faire et par quel moyen. Par trois moyens. ^

Premièrement, mettons tout notre contentement à suivre en tout et partout la très adorable volonté de notre Père céleste : et son Fils bien-aimé nous aimera comme ses frères, ses sœurs, ses pères et ses mères.

Secondement, ayons grande charité pour les indigents et nécessiteux ; rendons-nous les protecteurs, les avocats, les procureurs et les pères et les mères des pauvres, autant que nous pourrons : et nous serons les pères et les mères de celui qui a dit: Ce que vous faites au plus petit des miens, c'est à moi que vous le faites2.

Troisièmement, employons-nous, par notre exemple, par nos prières et par nos instructions, à former et faire naître le Fils de Dieu dans les cœurs de nos prochains : et il nous traitera et aimera sur la terre et dans le ciel

1. « Quicumque fecerit voluntatem Patris mei, ipse meus f'rater. et soror, et mater est. » Matth. XII, 50.

2. « Quandiu fecistis uni ex his fratribus meis minimis, mini lecistis. » Matth. XXV, 40.

SECONDE PARTIE. — CHAPITRE Mil 407

comme ses pères et ses mères ; et tous les Anges avec Ions les Saints nous chériront et respecteront éternellement comme les pères et les mères de leur Sauveur. Celui-là t'ait naître le Fils de Dieu dans les cœurs des autres, dit le grand saint Grégoire, qui leur apprend à le connaître et à l'aimer : Quasiparit Dominum, qui eum cordi audientis infundit '.

0 Mère de Jésus, puisque vous désirez tant de nous associer avec vous dans votre divine Maternité, faitesnous participants aussi des vertus par la pratique desquelles vous vous êtes disposée à l'aire naître en vous ce très aimable Sauveur, spécialement de votre humilité, de votre obéissance, de votre pureté, de votre amour et de votre charité.

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