‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 5)Chapitre 237 sur 303 · Quœst. 136 ad Orihod · texte numérisé non relu

Quœst. 136 ad Orihod

i'ant surpasse incomparablement toutes les grâces de tous les Saints, aussi en est-il de même des vertus qu'elle

possède toutes elle seule en un degré plus éiiiiuent que tous les Saints ensemble.

Il y a cette différence, dit le Docteur angélique, entre la bienheureuse Vierge et les autres Saints, que chaque Saint excelle en quelque vertu ; niais la lîeinedes Saints possède toutes les vertus en souverain degré. A raison de quoi elle est appelée par saint Jean Damascène, la maison et le palais de toutes les vertus: Virtutum omnium domicilium ' ; et par saint Anselme, le sanctuaire de toutes les vertus : Sacrarium omnium virtutum*.

Mais spécialement ces grandes et admirables vertus qui ont été inconnues dans les siècles précédents, éclatent en elle d'une merveilleuse manière : comme la virginité, l'humilité, l'amour de la pauvreté, la dilection des ennemis, et autres semblables. Car c'est elle qui a commencé à les pratiquer, et qui les a pratiquées et enseignées par son exemple, même avant Notre-Seigneur Jésus-Christ. Et de là vient que le Saint-Esprit la nomme Inilium viarum Domini3, « le commencement des voies du Seigneur ».

Je passe outre, car j'ose dire, avec plusieurs saints Docteurs, que la moindre des vertus de notre sainte Enfant rend plus de gloire à Dieu et lui est plus agréable que toutes les vertus ensemble de tous les Saints, parce qu'elle exerce les plus petits actes de vertus avec plus de grâce et d'amour qu'il n'y en a dans tous les Saints, ainsi que nous l'avons fait voir ci-dessus.

Je passe encore plus avant, car je ne craindrai pas de dire, après le grand saint Jérôme4, que, comme il n'y a point de bonté ni de sainteté comparable à celle de Dieu, il n'y a point aussi de vertu ni de perfection, pour émi-

1. De fuie ortkodox., lib. k, cap. 15.. — 2. Orat ad Iî. V. 3. « Dominus possedit me in inilio viarum su arum :(inilium viarum suarum, selon l'Hébreu.) Prov. VIII, -22. — î. De Ass. Virg,

ilo l'enfance admirable

nente qu'elle soit, en comparaison de la vertu et d<- [a perfection de notre incomparable Vierge.

De là vient que saint Grégoire de Néocésarée1, saint Jean Damascène2, et saint Eutychien patriarche de Constantinople3, disent hautement de Marie Mère de Jésus, ce que l'Église chante de Jésus Fils de Marie. Tu soins sanclus : « Vous seul êtes saint », dit la sainte Eglise parlant au Fils de Dieu: Tu sola sancta, sola pura ,sola casta, sola kumilis : « YoTis seule êtes sainte, vous seule êtes pure, vous seule êtes chaste, vous seule êtes humble », disent ces saints Pères, parlant à la Mère de Dieu.

Saint Anselme ajoute à cela une chose qui est remarquable. C'est, dit-il4, que les vertus de la Mère nous donnent un exemple qui a je ne sais quoi de plus doux, de plus humain et de plus conforme à notre faiblesse, que les vertus de son Fils, parce que la hauteur et l'éclat de celui-ci nous effraye et nous éblouit : mais la douceur et la suavité de celle-là nous attire, nous encourage à les imiter, spécialement quand nous les considérons dans l'exercice qu'elle en a fait durant le cours de sa sainte Enfance, qui est l'objet que je vais vous mettre devant les yeux au chapitre suivant.

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