CHAPITRE IX
Méditation sur l'innocence et la simplicité de la bienheureuse Vierge dans sa sainte Enfance.
PREMIER POINT
/considérez que qui dit une personne innocente, dit une ^ personne qui ne sait ce que c'est que de nuire à per«sonne, et par conséquent qui ne sait ce que c'est que péché, puisqu'il n'y a que le péché qui déshonore Dieu, et qui soit nuisible aux hommes, spécialement à celui qui le commet, à qui il cause des dommages incompréhensibles.
Considérez qu'entre toutes les pures créatures, la très immaculée Vierge est seule qui a été conçue, qui est née" et qui a vécu jusqu'au dernier soupir de sa vie dans une très parfaite innocence ; puisqu'elle est seule qui a toujours été exempte de toutes sortes de péchés, et même qui a toujours été impeccable. Car la toute-puissante bonté de Dieu, selon le sentiment de plusieurs saints Docteurs, l'a mise, dès le premier moment de sa vie, dans une heureuse impuissance de pécher, par trois moyens.
Premièrement, par une faveur très singulière de sa divine Providence, qui éloignait d'elle tous les périls et toutes les occasions extérieures de toutes sortes de péchés, tant par sa protection immédiate, que par l'entremise d'un million d'Anges qui l'accompagnaient partout et lu gardaient très soigneusement, ainsi qu'il était convenable à la dignité de celle qui était choisie de Dieu pour être la Mère du Saint des saints, et du souverain Monarque de l'univers.
Secondement, par la grande lumière intérieure dont son esprit était tellement éclairé, qu'elle voyait très plairement les plus petits atomes d'imperfections et les