‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 5)Chapitre 269 sur 303 · TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE IX 'lï · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE IX 'lï

moindres périls d'y tomber ; et par une très grande abondance de grâce dont Dieu l'a remplie, dès l'instant de sa conception, pour vaincre le péché en toute manière, dit saint Augustin : Ad vincendum omni ex parie peccatum1.

Troisièmement, par le feu sacré de son divin amour, qui possédait et embrasait tellement son Cœur, qu'il était dans un exercice continuel de très pur amour vers sa divine Majesté, sans aucune interruption, et sans se fatiguer ni relâcher jamais ; ce qui tenait sa volonté dans une impuissance morale d'adhérer à aucune faute, pour petite et légère qu'elle fût.

Rendez grâces à Dieu de cette merveilleuse innocence dont il a revêtu cette divine Vierge dès son Enfance et dès le premier moment de sa vie. Entrez dans une forte résolution de l'imiter autant que vous pourrez dans cette même innocence, en vous gardant de toutes les choses par lesquelles vous pouvez offenser Dieu, votre prochain et votre âme. Et, pour cet effet, appliquez-vous tant que vous pourrez à l'exercice du divin amour : car plus vous aimerez Dieu, plus son amour éloignera votre volonté du péché. Olfrez donc votre cœur à la Mère de belle dilection, et la priez d'y mettre une étincelle de cette fournaise ardente dont le sien a été embrasé dès son Enfance.

SECOND POINT

Considérez que la simplicité chrétienne est une vertu si agréable à Dieu, que la divine Parole nous assure qu'il prend sa complaisance et ses délices dans ceux qui marchent simplement : Voluntas ejus in Us qui simpliciter ambulant*. C'est une vertu qui détruit la multiplicité dans les pensées, dans les desseins, dans les désirs, dans les affections, dans les paroles, dans les actions ; et qui fait qu'une âme vraiment simple n'a qu'une pensée, qu'un

Page 1