TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE Mil
tous les fondateurs des saints Ordres qui sont dans l'Église, ont tant recommandé le silence et la mortification de la langue, dans les règles qu'ils y ont établies : et avec grande raison ; car les louanges môme que notre langue donne à Dieu ne sont qu'une hypocrisie, selon la parole de notre Sauveur l, quand elles ne procèdent que de la langue seule, n'étan!, point unies avec le cœur. La voix de la langue, dit saint Augustin, n'est point écoutée deDieuT si elle n'est jointe avec celle du cœur : Cor hominis ad aures Dei; et Dieu n'a point d'oreilles pour entendre la langue, si elle ne parle avec le cœur : aures Dei ad cor hominis i.
Cela étant ainsi, quelle estime, quelle affection devonsnous avoir pour le silence ! Quel désir d'imiter en ceci notre divine Enfant! Quel soin de mortifier notre langue, et de nous garder pour lé moins des mauvaises paroles, des mensonges, des médisances, des moqueries, des railleries, des murmures, etc. Enfin, souvenons-nous que Nôtre-Seigneur a dit qu'il nous demandera compte, au grand jour du jugement, de toutes les paroles oiseuses que nous aurons dites.
Demandons-lui pardon de tous les péchés que nous avons commis par le mauvais usage de notre langue. Prions-le de les réparer , et prions la bienheureuse Vierge de nous obtenir la grâce d'imiter son Fils et elle, dans le divin usage qu'ils ont fait de leur très sainte langue, et dans l'amour très singulier qu'ils ont pour le silence.
1. « Hypocritœ, bene prophctavit de vobis Isaias dicens : Populus hic labiis me honorât : cor auteru eorum longe est a me. » Matth. XV, 7, 8. — 2. D. Aug. In Psal. 119.
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