Ilcb. I, 3. — 2. Col. 1, 15. — 3. Ps. CIX
nous les demandions instamment, que nous nous préparions soigneusement à les recevoir, que nous les conservions fidèlement, que nous lui rendions nos reconnaissances, et que nous en fassions tout l'usage que nous devons pour sa gloire et pour notre salut, il nous les annonce plusieurs années, voire plusieurs siècles auparavant, et en mille manières, par les oracles des divines Écritures, dont je ne rapporterai ici que ceux qui regardent le sujet dont il est question, qui est la sainte Enfance de la bienheureuse Vierge.
En voici un, que le Saint-Esprit a prononcé parla bouche du Prophète-Roi : Ex nre inf'anlium et lactentium perferisii Imidi'in '. « Vous avez reçu, ô Seigneur, une louange parfaite de la bouche des enfants, et des enfants qui sont encore attachés à la mamelle de leur mère. » Quels sont ces enfants, je vous prie, dont il est fait mention ici ? ,)e sais bien que notre Sauveur a appliqué ces paroles aux enfants des Hébreux, qui, au jour de son entrée en Jérusalem, criaient dans le temple, à sa louange : Hosanna filio David ! Mais comme les paroles de Dieu sont participantes de sa divine fécondité, et qu'elles contiennent plusieurs mystères et plusieurs intelligences, on peut dire avec grande raison que celles-ci nous mettent premièrement et principalement devant les yeux ces deux admirables Enfants, Jésus et Marie, qui ont rendu infiniment plus de louange et plus de gloire à Dieu en un moment, que tous les Anges et tous les Saints ensemble ne lui en rendront éternellement ; deux Enfants qui dans les bassesses de leur Enfance, sont si relevés en perfection et en sainteté, et si remplis de merveilles inénarrables, qu'ils sont l'objet des admirations de tout I univers, mais spécialement d'un grand roi, d'un grand prophète et d'un grand saint tout ensemble. Car le saint roi et le divin prophète David, jetant les yeux de son
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esprit prophétique sur ces deux Enfants, plus de mille ans auparavant qu'ils soient en la terre, et sur les louanges infinies et la gloire immense qu'ils doivent donner à Dieu, s'écrie, tout ravi et tout transporté qu il est : Domine, Dominus noster, quam admirabile est nomen tuum in universel terra1 ! « 0 Seigneur, notre souverain Seigneur ! que votre nom est admirable en toute la terre ! » Quoniam élevât a est magnificentia tua super c.-rlns* : « D'autant que votre gloire et votre grandeur est infiniment élevée par-dessus tous les cieux. » Par quel moyen ? Par la louange très parfaite que vous recevrez de la divine bouche de deux Enfants. Qui sont ces deux Enfants, sinon Jésus et Marie, puisqu'on ne peut point dire que la divine Majesté ait jamais reçu une louange parfaite de tout point, que celle qui lui a été rendue par la sacrée bouche de ces deux incomparables Enfants ? 0 divins Enfants, il n'appartient qu'à vous de louer et glorifier Dieu dignement. C'est à vous qu'il faut dire : Laudate, pueri, Dominum, laudate nomen Domini3 : « 0 admirables Enfants, louez le Seigneur, louez le nom du Seigneur autant qu'il mérite d'être loué. »
Voici un autre oracle qui nous met encore devant les yeux l'état de la sainte Enfance de la Reine des Anges : Soror nostra parva rst, et ubera non habet. Quid fademus sorori nostrœ in die quando alloquenda es£*?« Notre Sœur est petite, et elle n'a point de mamelles. Que feronsnous à notre Sœur, au jour que nous aurons à lui parler ? »
Toutes ces paroles sont pleines de grands mystères. Mais qui est-ce qui parle ici ? Ce sont les trois Personnes divines, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, qui parlent par la bouche de la seconde, qui est le Verbe et la parole du
1. Ps. VIII, 1. — 2. Ibid. 2. — 3. Ps. GXII, 1. — 4. Cant. VIII, 8.