D. Bern. In Salve. — 2. Joan. VIII
3. Voir dans le tome IV des Œuvres, p. 173, ce que nous avons dit touchant l'approbation des Révélations de sainte Brigitte.
4. « Unde vere probatur Deum Matrem suant ab initio ita dilexisse, quod sicut ipse, antequam aliquid crearetur, ex ea maxime gratulatus est, ita etiam amicis suis, ex hoc quod ipsa nasceretur. magnam consolationeni impendit. Et sic utique, sicut primo Angelis, et deinde primo bomini, ita et postea Palriarchis, ex glorio9a Matre nascitura magna dabatur exultatio. » In Sermone Angelico, cap. 8. — LeSernto angelicus de Sainte Brigitte, est une série de Leçons pour 1 Office, destinées à chacun des jours de la semaine, et ayant pour objet l'excellence de la très sainte Vierge. La sainte les écrivit sous la dictée d'un Ange. Cf. Revclaliones extestes S. Birgitix, in-f°, p. 712 sq.
lui lit connaître que cette merveilleuse fille devait naître de sa race, dont il reçut une joie beaucoup plus grande que de la naissance de son (ils Isaac et de Ions ceux qui devaient sortir de lui, quoiqu'ils dussent être en aussi grand nombre, selon la promesse de Dieu, que les étoiles du ciel, parce qu'il avait beaucoup plus d'amour pour sa très chère fille Marie que pour tous ses autres enfants ensemble '.
Qu'Adam même ayant fait une grande pénitence de son péché, qui lui causait une douleur beaucoup plus violente, pour la considération de l'offense et de l'injure qu'il avait l'aile à son Créateur, que pourle dommage qu'il en avait reçu, et que Dieu, par une bonté infinie, le voulant consoler, lui rendit comme présente, devant les yeux de son esprit, la naissance d'une tille qui sortirait de sa race, et qui serait la Mère de celui qui le retirerait, lui et sa postérité, du profond abîme de misères où il s'était précipité avec tout le genre humain2.
Que Dieu voulant remplir les sièges du ciel, qui étaient demeurés vides par la chute de Lucifer et de sa malheureuse troupe, et voulant consoler les bons Anges sur le désastre arrivé à la nature angélique, il leur fit voir un trône magnifique, si proche de sa divine Majesté, qu'il ne
1. « Unde bene credibile fore dignoscitur etiam Abrahae divinitus fuisse praeostensum, quod una filiarum suae stirpis immaculata Virgo Dei Filium parturiret. Creditur quoque Abraham de hac futura filia magis quam de Isaac filio suo exultasse, atque majori charitate ipsain quam Isaac suuni filium dilexisse... Prœscius itaque Abraham hanc Virginem qua? Deum pareret, de generatione sua debere procédera, plus de ipsa sola consolatus est quam de omnibus filiis et filiabus sure stirpis. » Ibid .
2. « Gravius quoque eum (Adam) pœnituit offendisse suum Factorem, quam seipsum injecisse in ppenis gravissimis oruciandum... Ma jo rein autem consolationem nequaquam potuisset Adam percipere quam si certificaretur quod Deus ex ejus generatione nasci dignaretiir... Gaudebat autem quia de tuo corpore, o Yirginum humanissima, corpus illud venerabile nasciturum praesciebat, quod ipsum suamque progeniem ad vitam cœlicam potenter reducere debebat. » In Sermone angelico, cap. 7.
88 l'enfance admirable
pouvait pas y en avoir de plus proche, et qu'il leur fit connaître que ce trône était préparé pour une fille d'Adam, qui devait naître un jour en la terre, dont la seule pensée lui était plus agréable et lui donnait plus de contentement que la vue de toutes les autres créatures qui devaient être. A raison de quoi ces bienheureux Esprits se trouvèrent plus remplis d'affection pour elle que pour eux-mêmes; et voyant qu'elle serait plus proche delà Divinité qu'eux, ils en eurent une plus grande joie que de leur propre gloire1.
Que Dieu leur fit voir encore sur ce trône une couronne infiniment riche et éclatante, et qu'il n'y en aurait jamais de pareille, après celle du Roi des rois ; et que cette couronne était préparée pour cette admirable fille qui serait Reine de l'univers, dans laquelle Dieu serait plus glorifié que dans toutes les autres créatures ; et qu'ils se réjouirent davantage de ce que Dieu la devait créer que de leur propre création 2.
C'est ainsi que la naissance et l'enfance, et toute la vie de cette précieuse Vierge, ont été connues plusieurs
1. « Noverunt etiam... charitate sua illas cselestes mansiones, ad suam gloriam suique exercitus consolationem iterutn velle replere, a quibus inobedientes angeli pro superbia et invidia sua miserabiliter corruerant. Intuebantur quoque... sedem quamdam reverendam, ipsi Deo ita propinquam, quod impossibile videbatur aliam sedem sibi fieri propiorem ; et hoc tamen adhuc increatum esse noverunt. cui ab aeterno sedes illa extitit praeparata... O omnium consolatio Virgo Maria, hoc ipsum tu es ad quod Angeli a principio suae creationis tanta arserunt charitate, quod licet ex suavitate et clarilate quom ipsi in Dei visione et appropinquatione habebant, inefl'abiliter laetabantur, plurimum tamen ex eo gavisi sunt quod lu ipsi Deo eis propinquior fieri debebas, et ex eo quod majorem charitatem. majoremque suavitatem, quam ipsi habebant, tibi noverunt reservari. » Sermo angelicus, cap. 4.
2. « Videbant etiam super sedem illam, coronam quamdam tantae pulchritudinis tantseque dignitatis, quod nullius majeslas, nisi solius Dei, ipsam debebat excellere. Unde, quamvis noverunt Deum magnum honorem et gaudium ex hoc veraciter habere quod ipsos creasset, majorem tamen honorem et majus gaudium ex hoc Deo debere provenire, quod tu ad tam sublimem coronam creari debebas. Et ideo ipsi Angeli de hoc mugis exultabant, quod te Deus creare volebat, quam ex eo quod ipsos creaverat. » lbid.
siècles auparavant qu'elle fût au inonde, par les saints Prophètes, par les saints Patriarches et par les saints Anges. C'est ainsi qu'elle nous a été promise et annoncée par les divins oracles ; c'est ainsi qu'elle a toujours été l'amour, la joie et les délices du ciel et de la terre, des hommes et des Anges, et de Dieu même.
0 grand Dieu, soyez béni éternellement du dessein que vous avez eu de toute éternité, de nous donner ce trésor immense de toutes sortes de biens ! Soyez béni à jamais des promesses qu'il vous a plu de nous en faire! Que tous les hommes, tous les Anges et toutes les créatures vous louent et vous glorifient incessamment de les avoir accomplies très fidèlement ! 0 très sacrée Vierge, ô très aimable Enfant, que j'ai de joie de vous voir ainsi connue, aimée, prêchée, annoncée au ciel et en la terre, avant même que vous soyez au monde ! Oh ! qui me donnera que toutes les parties démon corps soient changées en bouches et en langues, et que toutes ces langues aient des voix assez fortes pour se faire entendre aux quatre coins du monde, afin que je fasse retentir sans cesse vos louanges par tout l'univers ?