I. — OCCASION ET PUBLICATION DE « L'ENFANCE ADMIRABLE
Le V. P. Eudes, qui avait une dévotion singulière à l'Enfant Jésus^ honorait également d'une manière toute spéciale la sainte Enfance de Marie.
Dans X Enfance admirable*, il en apporte deux raisons.
La première est que c'est grâce à ce mystère que nous avons la consolation d'appeler Marie notre sœur, et Jésus notre frère. Si, en effet, Marie n'avait pas passé par les bassesses de l'enfance, si Dieu l'avait créée immédiatement à l'âge adulte au lieu de la faire naître de saint Joachim et de sainte Anne, elle aurait pu conserver les honneurs de la Maternité divine, mais ni elle ni son Fils n'appartiendraient à la postérité d'Adam. Le sang1 qui coule dans leurs veines ne serait plus le nôtre. Ils seraient l'un et l'autre l'honneur et le salut du genre humain, mais ils ne seraient plus la gloire de notre race.
La seconde raison pour laquelle le Vénérable honorait spécialement l'Enfance de Marie, c'est que, suivant la parole du divin Maître, le royaume des cieux est réservé aux enfants, et q,ue quiconque ne devient pas par grâce, du moins à un certain degré, ce que les enfants sont par nature, ne doit point s'attendre à entrer dans le royaume des cieux2. D'où il suit qu'il faut apporter un soin tout particulier à méditer les leçons de vertu que mettent sous nos yeux l'Enfance de Jésus et celle de sa divine Mère, d'autant plus que nous avons grand'peine à les comprendre,